Mon client parfait.

en-memoire-du-cluzeau.png - Peinture,  50x40x2 cm ©2017 par Patrick Blanchon -

Il viendrait, je ne me sens pas l’âme de l’épicier. Il regarderait mon tableau. Mentalement par rapport à l’ensemble des visites que j’aurais calculé il serait à moins de 20% en taux de rebond. Je veux dire qu’il resterait là un petit moment seul, absorbé par mon travail, et qu’il ne se dirigerait pas comme un somnambule vers la suite, puis vers la sortie.

Mon client parfait pourrait être aussi une cliente, le sexe ne joue pas une importance particulière dans mon fantasme cette fois ci.

Il ou elle serait jeune ce serait inespéré. Cependant que si c’est un vieux monsieur ou une vieille dame qui prennent  le temps de regarder je me dirais tu vois comme tu es bourré de préjugés. Ils peuvent prendre le temps .. encore.

Ma, mon client parfait seraient  là devant mon tableau et alors, après leur avoir laissé un peu de temps je m’approcherais. En silence pour ne pas les déranger. Et au moment ou je sentirais le moindre tressaillement sur leur visage, dans leur corps m’indiquant qu’il sont au bord, prêt à sortir du tableau : je serai là pour les accueillir.

qu’est ce que je  dirais alors …?

Bonjour, c’est moi le peintre ?

Bonjour vous appréciez mon tableau ?

Bonjour…

Quelle difficulté de s’adresser pour la première fois à elle, à lui …

Comment ne pas le,la  heurter dans son atterrissage. Lui offrir une jolie piste bien balisée et sans risque …

Alors elle ou il se tournerait vers moi, comprendrait bien sur que je suis l’auteur de cette oeuvre qui vient  de les subjuguer. Ils me diraient:

Nous aimons  beaucoup ! ( silence)

Comme tout le monde mais le silence qui suit l’obligerait à chercher d’autres mots.

Il ou elle me parlerait de lui ou d’elle. De ce qu’il ou elle viennent de traverser. Non pas de l’émotion, ce n’est pas facile, mais plutôt d’un détail éventuel qui aurait accroché son regard et qui aurait capté son attention pour l’immobiliser.

Des mots simples, pas de grands discours.

Juste ce qu’il faut de complicité pour imaginer une possible amitié.

Voilà ma ou mon client parfait j’aimerais que ce soient des amis possibles.

Des gens qui me diraient, ton tableau nous parle de nous. Tu as fait ce que nous n’avions pas le temps de faire car nous sommes pris dans notre vie de tous les jours et nous ne savons pas.

Alors je serais un peintre heureux de donner un prix à ce qui n’a pas de prix.

Et ce faisant l’argent nous libérerait de cette intimité naissante peut-être embarrassante pour chacun, chacune.

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