Auschwitz, Dachau, Treblinka

Miniature perçante huile sur papier photo

La chanson commence par  » ils étaient vingt et cent ils étaient des milliers  » et quand je l’entends la première fois je viens d’atteindre mes 14 ans. J’aime bien l’air et puis, c’est assez simple à jouer à la guitare… J’apprends les paroles et je m’entraîne copieusement devant ma glace. A 14 ans j’ai déjà un peu de grave dans la voix mais bon je ne suis pas Jean Ferrat quand même.

Enfin cette chanson me flanque des frissons malgré l’incompréhension à peu près totale de son contenu. C’est à ces moments là qu’on pourrait croire à la réincarnation, quand l’âme se souvient même si la cervelle est lourde, obtuse, d’une ignorante anthracite.

Deux ans plus tard je me retrouve assis dans le réfectoire de la pension religieuse que je fréquente. L’établissement est tenu par des prêtres polonais presque tous rescapés des camps d’extermination nazis. Je sais plus ou moins ce que sont ces camps car je viens de passer ma première année j’ai donc assisté à la séance déjà l’année passée. C’est un film sur le père Kolbe.

Rajmund Kolbe, plus connu sous son nom de consécration Maximilien Kolbe, né le 7 janvier 1894 à Zduńska Wola et mort le 14 août 1941 à Auschwitz, est un frère franciscain conventuel polonais.

Après avoir été arrêté par la Gestapo, il est détenu dans le camp de concentration d’Auschwitz, où il s’offre de mourir à la place d’un père de famille, Franciszek Gajowniczek. Les nazis le font exécuter au moyen d’une injection de phénol.

Canonisé en 1982 par le pape Jean-Paul II, il est vénéré dans l’Église catholique sous le nom de « saint Maximilien Kolbe » et liturgiquement commémoré le 14 août. ( wikipédia)

Je crois que c’est lors de cette seconde séance de cinéma que j’ai définitivement admis que l’être humain en général était la pire crevure de la galaxie, sinon de l’univers et le geste héroïque du père Kolbe, s’il avait pu l’année précédente me confier un peu d’espoir malgré tout me laissant ainsi un sursis qui permettait d’en finir élégamment avec l’enfance, cette année là ma fatigue était telle que je renonçais même à un quelconque espoir de rédemption possible pour l’humanité toute entière, y compris envers moi-même.

C’est que là franchement tout était allé tellement loin dans la démesure et l’organisation que je ne voyais pas du tout comment nous pourrions nous relever et nous appeler encore erectus… sapiens en même temps avait déjà disparu de ma carte mentale à peu près à l’instant ou j’ai fait mes premiers pas dans les classes élémentaires.

Bref l’homme ( et la femme) étaient capables de destruction massive et scientifiquement raisonnée, planifiée , rationalisée. Il fallait vraiment être complètement con pour croire à la poésie, à l’art, à la beauté, en fait à tout ce que l’homme ( ou la femme ) pouvait effleurer et qui se transformait soudain à partir de la seconde séance de cinéma à Saint Stanislas d’Osny en mensonge extraordinaire destiné à masqué la plus horrible des réalités. Cette barbarie logée au plus profond de chacun de nous.

Car il eut été simple et facile même de projeter sur quelques allemands et kapos juifs l’infamie donc j’étais le témoin annuel mais je sentais bien que tout cela allait au delà d’une question de race et de frontières. La cruauté maligne était logée dans toutes les carcasses assises à coté de moi dans cette salle de cinéma improvisée, pire elle ne pouvait pas ne pas se trouver en moi aussi.

Les camps d’extermination ce n’est pas le fait d’une poignée de nazis seulement, c’est le fait de l’humanité toute entière.

Une chose qui me confortera dans cette pensée c’est qu’après la fondation d’Israël la première chose qu’elle fit vis à vis des territoires occupés, c’est d’installer des barbelés et des check point..Était ce du à la nostalgie ?

En Syrie aujourd’hui c’est à peu prés la même chose qui est en train de se produire, en fait ça ne s’arrêtera jamais force est de constater que cette cruauté en nous demande régulièrement son tribu de brimades, de morts, d’humiliations, comme de héros.

Alors quand quelques peignes cul au grès de leurs émois adolescents se mettent à taguer des vitrines juives, et des sépultures c’est bien dans l’ordre des choses, rien de nouveau à l’horizon.

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