Zorba Le grec.

Sans doute un de mes plus grands regrets et de ne jamais avoir été frappé par la foi. Ou alors j’ai bel et bien été frappé mais l’habitude de me relever et mon obstination de la déviation me l’auront fait oublier, je n’ai pas su tenir fermement celle ci dans mon cœur d’artichaut.

Il est possible aussi que celle ci se soit présentée de façon humble et simple, et que je n’ai pas su alors en tenir compte, m’attendant à autre chose de plus « cinématographique ».

L’influence des péplums américains après avoir produit en nous l’envie, peut faire des ravages quant à la manifestation de celle-ci.

Enfin la mer rouge ne s’est jamais ouverte devant moi, et si j’ai connu des buissons ardents, ce n’était pas Dieu qui s’y trouvait mais de bien jolies filles avec lesquelles je batifolais.

J’ai toujours été du côté de Barabas, méfiant et bougre somme toutes en toutes circonstances et même carrément brigand.

Anthony Quinn qui l’incarna magnifiquement de même qu’il incarna « Zorba le Grec » a laissé en moi une empreinte étonnante de ce que pouvait être à la fois le repentir fulgurant et l’ivresse de vivre contre vent et marées.

Possible que si l’on me crucifiait, je trouverais encore le moyen de gigoter en m’inventant un bouzouki constitué de bribes de vent, de souvenirs, et de désirs non assouvis.

Je quitterai ce monde à regret si je ne le quitte pas en dansant ou en chantant ou en peignant ce qui est pour moi la même chose finalement.

A repousser tout ce qui se présente, je me demande désormais si c’est pour toujours espérer mieux et ne jamais l’obtenir, comme une sorte d’équation mathématique que j’aurais inventée, moi qui ait toujours été si mauvais en calculs.

A repousser tout ce qui se présente je me suis attaché à me détacher perpétuellement de tout ce qui risquait de me lier car pour moi lier fut longtemps synonyme de ligoter.

Mais c’est encore une erreur de logique que je vous livre ici.

Se lier c’est aussi lier des amitiés,

lier des éléments qui ne sont pas destinés à se rencontrer,

lier c’est faire fonctionner la partie intuitive de nous mêmes hors de la raison et de la prospective.

Lier c’est retrouver aussi ce que nous cherchons tous plus ou moins confusément je veux dire l’unité.

Comme celle de ce brigand biblique qu’est Barabas, ou de cet homme un peu frustre mais tellement authentique et roué en même temps qu’est Zorba le grec ma route ressemble à la leur. Mais c’est surtout ma route et je ne peux concevoir encore comment elle s’achèvera : sur la croix que forme le désir avec le renoncement ou dans une île Grecque à danser un peu boiteux mais encore vif au son d’un bouzouki.

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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