Le nouveau monde

Voyages intérieur Patrick Blanchon étude à l’acrylique 2019

La nuit a été agitée et n’arrivant plus à dormir j’ai décidé de prendre ces quelques notes.

Je ne me souviens plus très bien si c’est à bord d’un Drakkar anonyme ou de la Santa Maria qu’accoudé au bastingage au levé du jour je vis surgir de la ligne d’horizon une masse sombre, j’étais enfin arrivé en vue du nouveau monde.

Lorsque je quittais l’embarcation et posais la première fois le pied sur le sol ferme, j’eus cette sensation étrange dans laquelle se mélangeait à la fois beaucoup de certitude et une curiosité angoissée. J’ai su tout de suite que désormais il allait me falloir tout apprendre de ce continent inconnu, et en même temps qu’il me fallait renoncer à tout ce que je croyais savoir.

Mais le courage finalement l’emporta et je laissais les hommes d’équipage derrière moi pour m’enfoncer dans la jungle à quelques encablures de cette plage de sable blond.

Apres avoir marché durant presque 4 jours j’arrivais enfin à une sorte de promontoire et découvrais que ce nouveau monde que j’imaginais être un continent vaste et diversifié n’était en fait qu’une île entourée d’eau. Alors je sortis ma pipe et je me mis à réfléchir en fumant.

En retournant vers le bateau et les hommes j’organisais un plan d’action et hâtais le pas pressé de le mettre à exécution.

Nous fîmes le plein d’eau douce et de fruits qui poussaient ici en abondance, et au matin du 11 eme jour nous fumes enfin prêts à repartir. Entre temps je consignais la position de l’île et la nommais San Salvador. Nous étions dans ce que plus tard nous allions nommer l’archipel des Bahamas.

Il fallu naviguer encore vers le nord ouest comme je l’avais imaginé pour rejoindre ce continent que nous espérions tant trouver depuis de si longs jours, je m’appuyais dans mon hypothèse sur une ancienne saga islandaise qui parlait du Vinland, bien sur j’avais compris aussi que nous en étions parvenu à l’opposé n’ayant pas suivi la même route que les Islandais qui eux avaient voyagé par le Nord, sans doute en longeant les côtes du Groenland.

Et soudain après avoir essuyé quelques gros grains d’eau tiède et la morsure du soleil nous arrivâmes enfin à bon port, nous étions enfin parvenus aux Indes.

Je ne sais quel immense sensation de joie m’envahit à cet instant lorsque j’eus la certitude au bout de tant d’années d’obstination d’avoir enfin touché au but.

Il me semblait alors que d’avoir découvert cette nouvelle route me procurait comme une sorte d’aboutissement personnel, en même temps que j’avais validé ce chemin je m’étais validé moi-même. Je m’étais enfin trouvé !

Et puis peu de temps après j’appris que ce n’était pas les Indes, mais autre chose, j’en fus bien confus et ressortis ma pipe pour méditer à nouveau sur ces histoires de découvertes de nouveaux mondes.

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