L’imprévisible

Puisque les algorithmes cherchent à comprendre nos habitudes et à en tirer des appels à l’action, puisque en fin de compte l’algorithme est un logiciel qui ne se base que sur la prévisibilité de nos comportements, alors sans doute l’imprévisible est il une piste, un chemin de traverse, dans lesquels les obstinés de la liberté devront inéluctablement s’engager.

Cela donne à réfléchir sur ce que nous appelons la liberté tout d’abord pour comprendre à quel moment celle ci est menacée. Il ne suffit plus d’avoir des réactions, des réflexes viscéraux quand la douleur se manifeste, il ne suffit pas de descendre dans la rue pour vociférer, il ne suffit pas de s’exhiber en larmes non plus, non, il faut aussi devenir imprévisible même dans nos automatismes, revisiter l’atavisme pour le détourner lui aussi, abattre nos habitudes tout cortex confondus demandera non seulement du courage, de la peine, une aptitude à la solitude, une bonne dose d’humour et de recul.

La liberté est un sentiment et on ne devrait pas trop jouer avec les sentiments. Ou alors jouer à fond avec celui ci afin de mieux discerner en quoi il nous est vraiment propre ou bien s’il n’est encore qu’un héritage inconscient. Beaucoup de personnes cherchent la liberté et ne la trouvent jamais et pour cause, la liberté se trouve elle ne se cherche pas.

C’est en étant conscients que nous pourrons survivre aux algorithmes qui jouent surtout sur notre inconscient, notre mauvaise habitude de somnambulisme.

Je ne parle pas ici du mérite bien connu désormais de l’instant présent. L’instant présent est encore grosso modo une sorte de dope qui annihilerait fictivement notre ressenti face au passé et au futur. Nous vivons dans le temps, pourquoi vouloir s’évader de celui-ci sinon par pure incompréhension de sa raison d’être.

Il faut du temps pour toute chose. C’est dans la bible alors c’est surement vrai, du moins je ne vais pas le remettre en question ici. Nous avons besoin de mesurer le temps que met la graine pour parvenir à l’arbre. Dans l’absolu peut-être pas tout de même. Nous avons juste besoin de mesurer sur le plan terrestre le temps que prennent les conséquences de nos actes, alors que dans l’absolu, ou dans une physique parfaite qui existe surement ce délai n’existe pas, tous les possibles s’offriraient alors à nous simultanément.

Donc devenir imprévisible c’est aussi sortir d’une zone de possible convenue. En fait un couloir par lequel on fait passer les animaux avant de les assommer et finalement les assassiner. Devenir imprévisible c’est connaître le danger des autoroutes et des couloirs, sauter les embardes de sécurité soi disant et s’éloigner de la logique mathématique des algorithmes.

En revanche il faudra aussi changer complètement de mode opératoire à chaque évasion, devenir créatif. C’est comme le travail de peinture que j’effectue finalement, ça demande de considérer chaque toile, comme une nouvelle journée , une nouvelle vie et soi-même comme un autre inédit.

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