Je t’aime ! Moi non plus…

Ce que beaucoup nomment « amour » n’est que le territoire restreint de leur petitesse personnelle. Que l’on vienne à empiéter sur ce terrain privé, ne serait ce que pour remettre en question sa clôture, et voici que la guerre est déclarée.

C’est que l’on confond encore le désir et l’amour trop souvent. Pas seulement le désir physique de l’autre mais le désir d’avoir raison envers et contre tout. Et comme tous les désirs celui ci  à chaque objectif atteint nous rend à la fois un peu plus seul et peu plus triste.

C’est pour cela que la cervelle dans une grande mesure ne sert strictement à rien en amour et que l’intuition est la voie étroite par laquelle passer en rejetant d’emblée tous les points de vue que propose la raison.

Les signes extérieurs de l’amour peuvent se résumer dans la preuve, à l’instar de tout procès, de tout tribunal digne de ce nom, il y a une mise en examen, et deux forces en présence qui soupèsent le vrai du faux pour trouver le niveau de responsabilité, ou d’irresponsabilité de celui ou celle assis au banc des accusés. Sans preuve point d’amour, pas de procès non plus, on s’en tire par cette superbe expression qu’est le « non lieu ».

J’avoue que j’ai toujours eut du mal à aimer qui que ce soit dans de telles circonstances. J’avoue ma culpabilité de n’avoir jamais su vraiment apporter de preuves tangibles à tout amour que j’ai pu fomenter. Que ce soit envers les femmes dont j’ai profité des bienfaits chaleureux, des abandons calculés, des jouissances simulées ou pas comme d’autres objets de projection comme les animaux, les arbres, la nature toute entière, l’art,  Dieu et les particules élémentaires. A chaque fois que j’éprouvais l’impression d’aimer je l’ai toujours trouvée à plus ou moins brève échéance, fausse, égoïste, illusoire. Ce qui petit à petit m’a entrainé à pensé que je devais être une anomalie génétique, une sorte de monstre, ou un parfait idiot.

C’est sur cette faille magistrale que j’ai construit peu à peu mon rapport à la vérité, à ma propre vérité bien sur et à l’amour en général.

Le bouddhisme m’a apporté beaucoup et je me suis bien souvent retrouvé dans ses préceptes. Sans pourtant en faire un dogme car après tout le bouddha lui-même conseillait de croire en rien que l’on n’ait expérimenté soi-même. Le bouddha conseille même de ne pas chercher ni trouver de bouddha à l’extérieur de soi.

Alors l’amour que je regarde fleurir un peu partout autour de moi dans les réseaux sociaux au travers des likes et petits cœurs, des petites fleurs et larges sourires, les clin d’œil, vous imaginez combien il m’atteint de plein fouet sans sa superbe superficialité. Vous n’y êtes pour rien, c’est le système dans lequel nous sommes qui veut cela. Sans signe de ralliement comment fonctionnerait ce système qui nomme un signe « j’aime  j’adore je m’exclame  je ris ou je pleure. » ce sont les règles données par quelqu’un d’autre restreintes s’il en est dans lesquelles nous nous engouffrons pour donner notre petite opinion sur tout et rien finalement.

Mais c’est ainsi que fonctionne et se nourrit ce système. Par notre approbation sans limite. Par les preuves que nous ne cessons de fournir à celui-ci de notre servitude.

L’amour a-t-il vraiment quelque chose à voir avec cela ? Non je parlerais plutôt d’adhésion que d’amour. Et comme toute adhésion il y a un coût, un prix à payer et ce prix c’est le temps. Le temps que nous passons à tenter de nous faire aimer d’attirer l’attention des autres. Et pendant ce temps nous ingérons tout un tas de pubs qui inconsciemment nous entraîneront à nous asservir à de nombreux besoins que nous n’avons pas à l’origine. Ainsi le désir d’être aimé est il savamment utilisé par les publicistes pour ratisser au plus large le champ de radis que nous plantons, entretenons nous-mêmes. C’est tout bénéfice.

Et sur quoi est donc basée encore toute cette magnifique machinerie ? Sur l’imbécilité des gens tout bonnement et rien d’autre. Ainsi s’enrichissent ceux qui éprouvent la méchanceté issue de leur terrible solitude de ne pas savoir aimer.

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