Je suis Connor MacLeod, je vis depuis quatre siècles et demi, et je ne peux pas mourir.

Avec la musique de circonstance, vous vous souviendrez sans doute de ce moment dans Highlander où Russel Nash l’antiquaire avoue qui il est à Brenda Wyatt et, ce faisant il conforte en lui et en nous spectateurs, l’idée d’un Connor MacLeod bien réel ayant traversé les siècles.

Il est possible que nous cherchons tous quelqu’un à qui l’on pourrait dire ce genre de secret et d’autres un peu moins glorieux, les plus intéressants ne sont ils pas surtout les moins glorieux ?

Ce secret n’est pas facile à dire, on ne s’en départi pas à la légère car il est constitutif de notre vision de nous mêmes en même temps qu’il nous empêche d’être vraiment nous mêmes justement en le gardant scellé. Impression que si celui ci est enfin éventé il en sera finit de nous. Le passage dans l’autre vie, (est ce la vraie ? ) comporte donc l’obligation d’un aveu magistral à énoncer, en prenant l’autre comme miroir de nous-mêmes et ceci souvent sous l’emprise de l’ébriété voire de l’amour.

Lorsqu’on s’aperçoit de cela nous ne pouvons pas être bien fier, en revanche nous pouvons admirer toutes les astuces dont fait feu la providence pour nous faire lâcher du lest.

Cette idée d’immortalité associée au secret, au fantastique que nous fabriquons, notre légende personnelle que vaut elle vraiment dans un monde où 3 enfants sur 4 crèvent de faim. Où l’injustice est tellement évidente partout que toute tentative de lutter contre elle se transforme en catastrophe annoncée. Que peuvent valoir vraiment la puissance, la gloire et la fortune sur la lune désertée ou sur mars, nul n’est besoin d’attendre l’avenir pour imaginer la dérision de tout cela.

Quelqu’un a dit qu’on ne pouvait pas accueillir chez soi  » toute la misère du monde » . Au contraire, ai je envie de dire, ouvrons grand notre porte à cette misère car c’est exactement la même qui réside en chacun de nous, dans cet exil où nous placent nos petits et grands secrets , ces dictateurs en minuscule, pourvoyeurs des légendes et des mensonges que nous avons bâties autour d’eux. Alors peut-être comme Connor MacLéod remporterons nous « le prix », cela n’a pas l’air d’être grand chose, mais j’ose imaginer malgré tout que c’est vraiment bon d’être mortel.

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Publié par Patrick Blanchon

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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