Quand l’excès de drapé commence à alourdir le corps de Vénus Aphrodite, la société est au bord du vide, et un silence assourdissant comme ceux qui précèdent les raz de marée plonge le monde grec puis romain dans l’hébétude face aux hordes « barbares » qui l’entourent de toutes parts.

C’est qu’à force de frelater l’idée d’art comme de civilisation , les couches de discours comme les couches de plâtre, de terre, on finit par les emberlificoter d’une délicatesse saugrenue et que la justesse première de leur propos se perd dans l’errance des détails superflus.

Ainsi la première impulsion, distillée par la quête du plus bel artifice finit elle par s’éventer.

Entre l’instinct et la pensée la beauté entraperçue dans un éclair commence un parcours du combattant qui peut la transformer en brute épaisse quand elle n’y laisse pas sa chair, ses muscles et ses os.

Quand la plupart des sculpteurs délaissèrent simultanément leur instinct et la nudité, la fatigue s’empara de la beauté et elle se voila de la parure des palabres en même temps qu’un excès de plis et de replis finit par faire oublier qu’elle avait pu jadis jouir d’un corps ferme et authentique.

Aucun rapport évidemment avec le voile dont une partie du monde désormais désire envelopper la beauté, que ce dernier ce nomme « burkini, shador,féminisme,hystérie,faiblesse, dévoration ou séduction », ce ne sont qu’ajouts excessifs de plus en plus et ce au fur et à mesure ou l’intuition se recouvre des cendres encore chaudes des illusions perdues.

Quand Paul Gauguin rejoint les Marquises, tout comme Jacques Brel, c’est bien poussés par ce constat qu’il faut se défaire des vanités civilisées pour retrouver un paradis perdu.

A t’il jamais existé ce paradis autrement que dans le fantasme que provoque l’écœurement et la désespérance de nous autres qui « pensons » le monde et sa beauté plutôt qu’en la vivant tout simplement ?

A la fin la barbarie gagne toujours sur les civilisations raffinées et plutôt que de s’en plaindre ou se voiler la face, il serait sans doute bon de se demander en quoi ceux que nous nommons barbares sont ils si différents de nous.

Car ce qu’ils désirent peut-être inconsciemment, mais de façon urgente et violente c’est redonner à l’intuition, à la beauté sa nudité débarrassée de tous les miasmes d’un politiquement correct dont les plis et replis puent désormais le mensonge et la charogne.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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