La voix des femmes.

Par Georg Dahlhoff — Taken from http://www.wiesbaden.army.mil – where it was published without permission. The photographer is Georg Dahlhoff (see proof at OTRS Ticket 2006011710003256). He agreed to release the picture under a free license., CC BY-SA 2.0 de, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3165286

A force de ne m’intéresser à rien il arriva que mon attention se porte sur la voix des femmes qui provoqua en moi des sensations mitigées s’étalonnant entre le plaisir et la douleur.

Celle ci par exemple possède une voix de petite fille notamment dans les aiguës alors que son corps massif, sa large cage thoracique et son bassin plus important que la moyenne contredisent étrangement ce flux sonore émanant d’elle . Au dedans un oiseau prisonnier lance sa plainte affaiblie par l’épaisseur de l’épaisse écorce.

Inversement celle là sèche comme une trique possède une voix onctueuse , chaleureuse et vibrante qui donnait l’impression de cajoler l’espace tout autour d’elle.

Des voix ajustées à des corps féminins en fait je n’en ai que très peu écoutées. C’est que pour le peu que j’en connu, l’ensorcellement qui en découlait de façon notoire me les fit fuir intuitivement.

Dans le fond qui maîtrise les notes comprends les variations autour de celles ci, la distance qui s’écarte de la justesse. Et le danger hypnotique de la trop grande justesse.

et si j’étais indien je bénéficierais de tous les huitièmes ou quarts de ton que j’ignore complètement.

Sans doute la crainte des sorcières, des magiciennes, et autres devineresses ,pythoniciennes sans oublier les ventriloques rencontrées au hasard de mes lectures de jeunesse aura t’elle influencé ma manière de considérer les voix des femmes.

C’est que certaines dans leur colère plus ou moins bien adressées avaient ce pouvoir d’aller puiser la férocité de l’animal au plus profond des entrailles terrestres , pour passer soudainement au murmure incohérent proche des sirènes.

Et si par fronde tout comme Ulysse il m’arriva parfois de me laisser attacher au mat de la curiosité afin de subir ou de jouir de l’incohérence magistrale de leurs chants , mon rapport au langage, et au son des voix en général s’en est trouvé à jamais modifié.

Tout comme Ulysse dans l’errance, après une guerre de Troie toute personnelle j’aurais suivi la voie des femmes pour apprendre la vie. A chaque étape j’ai retrouvé le même mat et la même curiosité mêlée de prudence afin de comprendre la nature d’un langage qui ne peut se circonscrire à la forme seule, celui du féminin tout entier dans ce qu’il a pour l’homme d’attirant, de séduisant et d’effroyable de repoussant tout en même temps.

Qu’une voix sorte d’un corps, jamais je n’ai pu m’empêcher de songer à cette phrase ancienne qui racontait : « au début était le verbe. »

Quand une parole s’élève, qu’importe son sens sa cohérence c’est à cette origine actualisée dans l’immensité de l’instant qu’elle me fait songer plus ou moins consciemment.

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