http://ombror.canalblog.com/archives/2012/02/16/23449000.html

Jamais je n’aurais imaginé, avant d’arriver sur les réseaux sociaux, le nombre d’objets, de concepts, de savoirs, qui me faisait défaut. La fréquentation des fils d’actualité désormais me le fait éprouver quotidiennement et de façon aussi inquiétante que suspecte.

Quand je revois passer cette publicité pour un trépied photo extraordinairement bien mis en scène, évidemment que je souffre cruellement du manque de ne pas avoir en ma possession cet objet. Cela ne dure que quelques secondes et heureusement cela me donne l’impression de résister aisément à l’envie de cliquer. Mais plusieurs fois par jour, et ce de façon outrancière parfois, cela m’interroge vraiment sur les façons dont je m’entube tout seul.

Car ce n’est pas un hasard de revoir maintes fois cette pub bien sur, il suffit que je m’arrête sur elle, que je regarde par exemple la vidéo jusqu’au bout pour que l’algorithme le capte et devine mes désirs inavouables. Surtout ceux que je ne souhaiterais pas m’avouer tout seul, et c’est pourquoi il m’aide.

Ainsi nous rentrons dans les supermarchés pour acheter quelques provisions et parvenons à la caisse avec un chariot plein sans même s’en rendre compte.

Ne pas céder requiert un alignement particulier avec l’ennui et le besoin. Disons pour résumer avec la notion de vide et de plein. Trop de vide et nous n’avons hâte que de le combler mais ça fonctionne avec le trop plein aussi. Trop plein d’efforts pour économiser pendant des jours, des mois, et soudain craquer bêtement pour un achat débile par exemple qui ne l’a pas fait ?

S’il existe désormais une foultitude de stratégies sur le net pour apprendre à créer l’envie et le besoin, on n’en trouve guère qui permettrait de fabriquer l’antidote à cette épidémie crée par nos envies superficielles alliées à la mathématique.

La seule chose qui nous permettrait de nous extirper du cirque serait de lâcher la souris et de galoper vers la forêt. Un retour aux arbres comme une urgence pour se dépolluer l’âme le cœur et l’esprit et puis perché comme un oiseau sur une branche siffler doucement en se demandant quels sont nos vrais besoins…

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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