L’ironie

Pendant tant d’années elle fut ma compagne fidèle, indéfectible. C’était une mère certainement, une mère juive bien sur qui, des qu’un malheur surgissait m’entourait de ses bras protecteurs en me parlant de couilles et de courage.

Alors marionnette de l’ironie j’excellais dans la diatribe, le trait acéré, la répartie mordante le seul but étant bêtement d’obtenir la victoire dans toutes ces joutes verbeuses.

Cependant que lorsque je me retrouvais seul dans les rues mornes, dans mon errance perpétuelle, c’était bien sur pour m’évader, pour la fuir, du moins tenter de retrouver le chemin du cœur dans des quêtes interminables comme par exemple une autre femme qui serait douce aimante et compréhensive, une autre mère encore bien sur.

Ou alors véritablement contraire justement, une pute, une salope, bénéficiant de la connaissance des nœuds en tout genres qui me dénouerait la libido entortillée comme un fil de pèche autour de sa gaule.

Entre la maman et la putain évidemment le refuge dans l’ironie était une sorte d’utérus, une coquille dans laquelle je devais revenir pour échapper à la morsure du malheur constant.

C’est fou comme certaines lucidités sont très proches de la plus haute bêtise. Orgueil et bêtise cosmiques pourrait-on dire.

La vie est bonne dans sa manière de proposer le retour.

Tout acte déploie une forêt de conséquences qu’on ignore fort heureusement enfin je veux dire normalement, sauf que j’ai toujours eu la faculté de prévoir comme aux échecs une vingtaine de coups d’avance. Ce fut un handicap certainement de n’être pas ignorant ni spontané.

La peinture m’a redonné cette innocence si je puis dire, ce fut un nouvel amour comme ces gens qui passent des années assis à coté d’une copine et qui soudain la découvre comme âme sœur.

Est ce que c’est encore une nouvelle mère ? Décidément cette hantise revenait encore

L’ironie va avec l’inceste à vouloir défoncer les portes ouvertes j’aurais baisé ma mère par tant de voies diverses et variées tant par les mots que par les actes qu’à force la grande déesse mère universelle aura eu pitié.

Quand elle ouvrit les jambes cette dernière fois pour m’offrir l’espace infini de la toile vierge je m’y suis engouffré pour mourir à moi même et traverser l’horizon.

Au sortir de ce long rêve je découvris la tentation du silence, mais ceci une autre histoire.

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