« L’homme sorcier des temps premiers » Peinture Thierry Lambert Collection privée.

Possible que le problème que j’ai à résoudre en ce moment présent,où j’écris ces lignes

( incantation)

soit la volonté d’extirper à l’immédiateté de l’intuition, dans ce lieu même où toute signification se confond en un gigantesque point d’interrogation et une multiplicité inouïe du sens, des réponses intelligibles par qui que soit d’autre que moi-même. Et qu’une volonté de clarification me fasse inventer des lanternes qui ne soient que des vessies, me permettant ainsi de ne pas me laisser happer par l’ombre des doutes.

Mais tout de même, sans cesse j’y reviens, à cette pensée dite « magique » parce qu’incomprise dans le fond par mes contemporains opposant à celle-ci une magie à l’air plus présentable qu’on appelle science.

Quelle est cette propension du profane à toujours vouloir poser des grilles sur le sacré ?

Et de quel sacré parle t’on vraiment désormais quand toute notion de transcendance semble être à tout jamais abolie par les philosophes, par les banquiers, par les tristes informations par lesquelles on nous transfuse la laideur du monde ?

Alors revenir à l’immédiat, à l’immanence à cette soupe primordiale d’où nos ancêtres amphibiens ont éprouvé la volonté de s’évader pour des raisons inconnues. Qu’est ce qui fait qu’un poisson dans l’eau puisse imaginer un au delà de l’eau ?

Dans l’écrit me voici juché à l’intersection des univers, au centre du grand cercle et mon ubiquité c’est l’intuition. Cette étincelle, cette flamme je ne puis m’en déclarer proprio, elle ne vient pas de « moi », elle me traverse « seulement » et ce de plus en plus souvent et depuis maintenant longtemps. Si comme on le dit « l’intuition est féminine » je pourrais la peindre en femme oui. Une de ces « femmes-papillon » chères à mon ami Thierry Lambert.

« La femme papillon du désir » Peinture Thierry Lambert

Hier encore je cherchais confusément un lien entre le désir et le hasard, leurs imbrications. Et voici que ce matin l’intuition me fait signe de l’évoquer dans son passage à battement d’ailes rapides et mordorées.

Possible qu’hier je me sois trouvé en présence de « l’homme sorcier des temps premiers » cherchant lui aussi à capter dans ses filets à papillons l’inouïe simplicité de la femme papillon. Et, pénétrant ainsi le champ gravitationnel du génie ou du daemon, y ai je laissé quelques plumes ( d’aigle) d’intelligence, de raison, de discernement.

Possible que de s’engager dans cette chasse à la femme papillon auprès de l’homme sorcier des premiers temps m’en apprenne encore bien plus sur la faillite de la pensée et me rapproche encore un peu plus du cœur vibrant ( de couleurs) des choses.