L’insondable solitude des femmes.

La mère de tous les éparpillés Pastel à l’huile sur papier Patrick Blanchon

C’est en réécoutant une interview de mon ami chaman Luis Ansa qui parlait de la solitude de la femme que ça a fait tilt. Mais oui mais c’est bien sur cet attrait extraordinaire qu’elles ont toujours exercé sur ma vie au delà des premiers stades plastiques et émotionnels c’est bien de cette solitude que tout est parti.

A commencer par ma mère que j’apercevais enfant au delà des vitres de la couveuse dans laquelle je développais ce sentiment de solitude moi-même et qui par réflexivité, ou projection, m’aura aidé autant qu’handicapé à chaque fois que j’aurais eu à aborder la présence de la femme.

Ce serait simple de me dire que c’est en raison de cette précocité à venir au monde que j’aurais inventé cette sensation de solitude féminine. La petite phrase de Luis m’a libéré soudain de cette angoisse ouvrant ainsi en grand les portes d’une vision bien plus large, et même cosmique.

Qu’elle soit prostituée, institutrice, ménagère, chef d’entreprise, artiste, fille de peu ou fille de rien, la femme exerce une attraction puissante par le gouffre infini que je perçois au fond de chacune d’elles et dans lequel je tente systématiquement de m’introduire par l’esprit, par le cœur, et toujours en vain.

Il en va de même de pétrir un sein et de ne jamais pouvoir atteindre à la réalité de celui ci, tenu ontologiquement à l’écart par notre imaginaire, notre désir, notre rêverie, tout sein comme toute femme est avant tout une fabrication mentale de l’homme pour l’homme.

Il faudra bien des accidents de parcours pour que l’illusion commence à se fissurer, de nombreux renoncements et un amour infini et patient, la foi tout bêtement pour se rendre enfin compte de l’évidence : la solitude de la femme est insondable.

Insondable tant que nous sommes des hommes raisonnant comme des hommes sur les femmes. Les portant aux nues, ou les jetant plus bas que terre.

Entre la putain et la maman, la femme ne se livre que si l’on accepte de regarder sans ciller l’interstice. Et encore ce n’est pas tant elle qui se livre que notre incapacité, notre vertige.

Au fond, c’est souvent une porte que l’on croit fermée tant qu’on veut le croire parce que cela nous rassure ou nous arrange.

Mais soudain s’aperçoit-on que cette porte ne possède pas de serrure, et mieux qu’elle n’existe que dans nos tètes alors soudain quelque chose se produit, comme un saut quantique. Nous avons traversé quelque chose, sans même nous en apercevoir, passé de l’autre coté de l’imaginaire millénaire nous voici devant la femme à nouveau et qu’on ne verra jamais plus de la même façon désormais.

La découvrant ainsi au bout du corridor comme au bout d’un nouvel utérus, une renaissance s’opère pour toute l’humanité dans son ensemble.

Et l’on découvre alors que la solitude insondable de la femme c’est la solitude insondable des étoiles qui n’attendaient que notre visite et notre regard enfin pour briller et se transformer en lumière.

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