Encore une fois tout larguer

l’exode des éparpillés. Dessin feutres et mine de plomb Patrick Blanchon

Ça me démange depuis un moment, toutes ces pitreries sur les réseaux sociaux, ces affolements multiples pour monter des expositions, rencontrer des notables, écouter les « c’est beau » stoïquement ..tout en conservant dans mon for intérieur la notion d’une magistrale supercherie, d’un « à quoi bon » monumental. J’ai beaucoup espéré mais encore une fois c’est ma responsabilité et je dois l’assumer. Beaucoup d’espoir c’est beaucoup de déception et je ne suis plus un ado mais un homme de 60 ans bientôt qui ne peut plus guère se mentir à lui-même ni à ses proches.

Alors monte en moi comme un appel, le vieil appel auquel j’ai toujours répondu systématiquement, celui de la fuite , de tout larguer pour imaginer recommencer autre chose comme on déchire une feuille de papier pour la jeter à la corbeille et en prendre une nouvelle, une jolie feuille blanche qui probablement contiendra la même chose que ce qu’on vient de jeter, mais ça on ne se le dit pas trop, on l’esquive.

Je n’ai pas su construire cette fois un personnage bien solide. Celui de l’artiste peintre se fissure de tous cotés. Il prend l’eau comme les coquilles de noix sur lesquels les émigrés du monde écarté les laissés pour compte s’imaginent eux aussi pouvoir atteindre au salut.

Alors encore une fois, tout effacer, reprendre une nouvelle feuille, un nouveau stylo et repartir vers l’inconnu, cet un connu que je ne cesse jamais à vouloir fuir autant que de m’en rapprocher.

Supprimer mes comptes Facebook dans mon esprit c’est revenir à l’anonymat, nostalgie de celui ci depuis le point de vue du peu que je suis envers le rien béant.

Je m’interroge aussi sur le bien fondé de ce blog, sur la valeur réelle qu’il peut vraiment apporter à quiconque d’autre que moi, possible qu’il finisse à la poubelle aussi pour me libérer encore de toute velléité de gribouilleur ou d’écrivailleur. Mais le fait est que je ne peux me passer ni de l’un ni de l’autre, j’ai besoin de dessiner comme j’ai besoin d’écrire ce qui me passe par la tète et juste comme ça sans prétention véritable dans le fond autre que de stabiliser ma journée, du fond des nuits durant lesquelles je sévis.

Dans le fond des choses qu’ai je donc cherché à atteindre ? Sinon assurer de façon inédite, plus amusante en tous les cas que tous les jobs débiles que j’ai pu commettre, le quotidien et rien de plus.

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