Un jour j’ai volé les ciseaux de couturière de ma mère pour tailler un bel élastique dans une chambre à air.

Un jour j’ai pris un couteau et coupé la branche d’un arbre car j’y voyais une fourche idéale pour confectionner un lance-pierre

Un jour j’ai ramassé une pierre qui ne m’avait rien demandé.

Qui gisait la depuis des milliers d’années.

Qui rêvait aussi confusément à sa présence de plante,

peut-être à son avenir d’oiseau.

Un jour j’ai vu un oiseau noir sur la neige blanche.

Un jour j’ai envoyé la pierre avec le lance pierre sans y penser comme lorsqu’on veut vraiment atteindre son but

Un jour ça n’a pas fait de bruit

juste un peu de sang rouge sur la neige blanche.

Et puis je me suis approché, et j’ai compris que je venais de tuer un oiseau.

Et j’ai su aussitôt que mon enfance s’était achevée une pierre en plein front étalée derrière elle gît là à jamais.

3 réflexions sur “Un jour j’ai tué un oiseau

  1. Bonjour Patrick,
    Parfois l’enfance s’achève sur un drame, une prise de conscience .
    J’aime beaucoup votre texte, bien écrit qui rend compte de ce changement chez l’enfant.
    Bonne journée
    John

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