Le scribe

Lorsque j’arrivais dans les salles égyptiennes du Musée du Louvre dans lequel le hasard m’avait conduit la première fois, et que je tombais sur la statue du scribe, quelque chose en moi se brisa, nous ne faisions qu’un au travers les siècles.

Je me rappelais d’un nom que je n’avais plus utilisé depuis longtemps, Thot. Ainsi donc j’étais à nouveau Thot et me découvrais là devant une représentation de moi-même qu’un vieil ami avait autrefois réalisé de ma personne.

Je pouvais me souvenir du contact de la pierre dans ma paume caressant la sculpture, j’en retrouvais la granularité, et la douceur sans même avoir à m’en rapprocher à nouveau.

C’était une chose très étrange de me retrouver soudain face à cet autre moi-même oublié, moi le jeune homme perdu dans la confusion de la jeunesse avec un objet étrange à la main. Une ventouse pour déboucher les toilettes dans le plus beau musée du monde.

Ainsi je ne manquais certes pas d’humour, moi le seigneur du temps de m’être ainsi égaré dans les méandres de celui-ci pour me perdre au plus profond de ses abysses et revenir soudain avec comme nouveau bâton cet objet dérisoire.

Une fois le choc passé, je me remis en marche pour me rendre à mon travail que je fis avec application. Tout me revenait par vagues successives et j’acceptais finalement cette nouvelle peau, ce nouveau cœur, ce nouveau transfert de conscience qui m’avait emporté non sans humour vers la fin des temps.

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