Can not you be a little more bastard?

Nous étions allongés nus sur le lit, les oiseaux migrateurs voltigeaient dans le ciel pollué de Karachi et je pouvais les voir au delà de la fenêtre ouverte, durant quelques instants je fus étourdis par leurs cris stridents à moins que ce ne fut par la phrase qu’elle venait de me murmurer à l’oreille.

En une fraction de seconde je me découvrais d’une inculture magistrale en matière d’amour, de femmes, et je revisitais à l’accéléré toutes mes histoires sentimentales en constatant ma mièvrerie perpétuelle.

Paradoxalement cette injonction à déployer le personnage de salaud qui gisait au fond de moi me réjouit sans raison véritable. J’abandonnais la fréquence majeure des beaux sentiments pour m’égarer dans le mode mineur des empoignements et des étreintes égoïstes.

Quand je la sentis se tordre comme un serpent colossal , muant elle aussi sans doute vers une représentation lubrique de Lilith je mesurais tout à fait lucidement l’écart, la distance qu’il me faudrait encore combler pour atteindre au juste milieu tout au moins l’équilibre entre la maman et la putain.

La distance alors, comme une froideur chirurgicale permettait de ne rien faire pleurer et sourdre trop hâtivement. Rester dur et tendu, endurant, et dans ce que je considérais viril, définition avancée par elle sans doute dans cette réduction du mot « bastard » ne pouvant s’effectuer qu’à l’ombre du sentiment.

Une fois la sodomie achevée de part et d’autre nous nous écroulâmes épuisés et en sueur

Elle me tendit une cigarette et dans son regard candide un sourire surgit alimenté par mon dépit visible.

Elle savait si prendre , cela aussi je pouvais en être conscient et nous nous abîmâmes à nouveau, elle entre les bras du salaud dont elle rêvait, moi dans le cri des oiseaux migrateurs qui reprenaient de plus belle à l’aube, ici au dessus de Karachi.

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