Le poumon

Peinture de Thierry Lambert le poumon Amazonie

L’orange vint après l’or puis au lieu de l’ange vint un démon,

un petit homme ivre de profit, banal à souhait comme tous les démons.

Il sauta, s’esclaffa, vociféra, montra du doigt puis il changea de stratégie.

Il murmura à ses légions de battre le briquet,

d’allumer des torches

et d’enflammer le grand poumon

vert céladon et vert émeraude et vertigo

en catimini pas vu pas pris

Ceint de son lumineux corps d’or le grand poumon lutta vaillamment,

la forêt toute entière se passa le mot qu’elle allait sur ce plan perdre son terrain,

pas une racine ne resta coite et la nouvelle,

de sève en sève

comme dans les vaisseaux

capillaires d’un poumon d’homme se répandit et son effroi.

Le cancer de la banalité mesquine associé à la lubie des profits s’attaquait à l’origine

la guerre n’était plus larvée

elle devint flamboyante.

En son sein calciné le cœur du fleuve strié de braises

Chanta une dernière mélopée qui rassemblait toute la pharmacopée

une simple chanson

une arche de Noé

fut confiée aux fourmis qui n’ont peur de personne

Pour transporter le précieux souvenir.

Un jour elle raconteront comme le monde était beau comme le monde était vivant

Et que l’Amazonie était son poumon.

Et aux enfants qui demanderont elles oublieront de citer l’homme.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :