Les animaux désemparés

Peinture de Thierry Lambert sur le Génocide Amazonien

Depuis la lisière ils ont vu le grand ogre dévastateur et ses tornades de haine et son haleine empoisonnée

l’arme des « deux pattes » idiots, leur nouveau jeu.

Ils ont claqué des dents, se sont gratté l’occiput

sagement et consciencieusement,

en n’oubliant pas machinalement d’épouiller le petit,

de lécher le nouveau né,

d’écraser la tique et gober le moustique.

Puis par les lianes, les branches, les troncs la grande cavalcade fut lancée vers on ne sait où ..

et plus on courrait plus on avait peur, plus on ne savait où,

on tenta le zigzag,

la roulade en avant

et latérale,

on bomba le torse devant la flamme mais rien n’y a fait

C’était idiot ça ne pensait pas et pourtant

c’était malin à tout manger sans rien laisser.

Ces grandes flammes imbéciles et violentes

envoyées par les « deux pattes » pour manger la foret n’allaient pas les épargner

beaucoup tombent déjà suffoquant à cause des fumées donnant la mesure de toute parts du danger.

La mère et l’enfant poussés par le grand père et le père qui sautent et battent leur poitrine des yeux terribles dans leurs orbites pour affronter l’inéluctable.

combien tombent ? combien meurent ? combien brûlent en accord avec les bois

L’amazone boue de rage tout à coté de voir ses enfants disparaître un a un , il envoie ses bras un peu partout dans la foret en vain

Peu savent nager et s’arrêtent sur les berges

Ils regardent le grand fleuve et le grand fleuve pleure

tout au dessus d’eux le colibri bat de l’aile comme on sonne le tocsin

toutes les prunelles se rencontrent dans la folie

tout ne sera plus qu’esprit bientôt dans l’autre plan du monde que jamais les méchants n’atteignent.

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