Pierre Bruegel  » Le triomphe de la mort »

Je ne manque pas d’idées, je ne manque pas de savoir faire et pourtant entre les deux toutes les fines passerelles que j’échafaude sombrent régulièrement en raison d’un ennui désastreux à accoucher, à extraire, à poser sur les toiles en pleine lumière les milles et une part d’ombres et de lumières familières auxquelles l’égoïsme en moi se réconforte à cultiver l’inconstance.

Pirouette magistrale de faire une constante de l’inconstance dans une snob élégance de dandy, à première vue je pourrais m’arrêter à ça, courber l’échine et m’attabler en empruntant autant qu’il m’est possible un vieux masque d’humilité.

Mais cette humilité dont le monde entier et surtout moi ne cesse de vouloir me parler qu’elle est t’elle donc dans son essence véritable, sans tous ses atours de sainteté et de miracle dont moi et le monde ne cessons de l’affubler ?

Confondre humilité et justesse, aura été une erreur magistrale encore une. On use de mots qui sont autres tant qu’on n’ouvre pas un dictionnaire et qu’on ne remonte pas le cours du temps, des étymologies.

Le juste et le faux auront été explorés de fond en comble par tous les moyens possibles à ma disposition. Et devine ce qui à chaque fois m’a extirpé du bourbier dans lequel ces deux opposés me plaçaient systématiquement, c’est la constance de l’inconstance.

Grace à celle ci j’ai tout envoyé promener mille fois, je suis reparti à 0 toujours, sans relâche, les jobs, les amours, les textes, les tableaux, les amitiés aussi, remplaçant ainsi le vent mauvais moi même plutôt que d’attendre sa venue.

Désormais cependant je me penche sur le mot « aboutir » quand même. J’y vois comme une lueur dans la nuit et qui m’attire comme une maîtresse à l’œillade coquine. Viens mon chéri que je t’invite à aboutir … Une maîtresse avec une longue robe sur un corps osseux et sa longue faux à la hanche dans l’attente de mon aboutissement final.

Cependant je me connais un peu mieux désormais, même elle, j’ai envie de dire risque de ne pas supporter mon inconstance permanente, alors peut-être avec un peu de chance et un talisman de pacotille, comme il se doit, me laissera t’elle encore en vie si je l’amuse et la fait rire.

Sait on jamais ?

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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