La soif

Quand je me suis aperçu de ma façon d’approcher la soif ça m’a fait froid dans le dos. Devant l’évier laisser couler l’eau, la palper du doigt pour la sentir froide à souhait et remplir le verre, l’avaler d’un trait, puis un autre, et encore et ainsi de suite plusieurs fois.

J’ai pensé au diabète, et puis c’était trop facile, ça ne m’arrangeait pas. Donc je me suis simplement fait la remarque, « quelle chance d’avoir l’eau courante » en même temps que  » tu bois comme un cochon ».

Après j’ai pensé à ma manière d’écrire, et c’était en gros la même chose, un flot incessant qui s’étale sur la page blanche.

J’ai pensé aussi à ma façon de dévorer tous les livres qui me tombent sous la main, en allant vite souvent en diagonale, sans savourer ni déguster poussé juste par l’envie d’absorber de me remplir. Pouah me suis-je encore dit.

Puis j’ai pensé au sexe et à cette intarissable soif de peaux, de regards éperdus, de seins et de fesses à caresser et à pétrir de murmures et de cris vociférant des « vas-y »et des « encore » et là j’ai eu vraiment les larmes aux yeux, je me suis dit quel gâchis.

J’ai allumé ma 5ème cigarette depuis le réveil, j’ai repris un nouveau café et je me suis dit clairement il faut vraiment que je m’attaque à cette putain de soif.

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