Peinture abstraite , Patrick Blanchon

Cette parcelle infime de l’énergie primordiale, l’âme joyeuse et vive qui décide de pénétrer dans l’illusion du temps et de la matière encore une fois par l’entremise du vaisseau mère, l’âme décide l’oubli, le brouillage nécessaire à l’oubli et à jouer le jeu.

Ce jeu de l’existence que nous ne comprenons pas, dont le sens nous échappe aussitôt que la pensée se met en branle et nous dirige.

Nous ne sommes pas nos pensées, et notre mémoire est défaillante car sans cesse nous la travestissons de couches multiples, comme une vieille femme qui passe des heures à se maquiller pour retrouver une dignité, un amour-propre, souvent en vain.

La pensée et la mémoire, piliers de notre égoïsme comme de notre individualisme, sont les jouets dont nous usons, un passe-temps futile mais pourtant nécessaire. Car au bout du jeu, la souffrance est souvent là à laquelle nul ne peut échapper.

Cette souffrance, une des quatre nobles vérités sur lesquelles s’appuie le bouddhisme, qui est une philosophie et pas une religion, je te le rappelle, cette souffrance est importante, mais souvent mal comprise.

Quand l’énergie naturelle de la vie est entravée, quand la fluidité sombre dans l’épaisseur alors la souffrance est le symptôme de l’écart.

Nous nous accrochons à des illusions, et lorsque nous perdons nos illusions le premier stade est douloureux.

L’amour ne saurait s’arrêter à la sensiblerie,ni même à la seule émotion.

Tout le monde ne cesse de parler du manque, manque d’amour, manque d’argent, manque de confiance en soi. Cependant peu remontent vraiment à l’origine de ce manque, à sa nécessité ontologique. La seule raison valable que j’ai découvert à ce manque comme à la souffrance, c’est l’ignorance. C’est ce brouillage que nous posons sur les choses et les êtres pour jouer le jeu de la vie comme des enfants innocents.

Alors pour revenir à l’age adulte, à l’âme précieuse, à l’âme joyeuse, un grand nettoyage est nécessaire, une récapitulation magistrale des nombreux mensonges que nous nous fabriquons dans la douleur du manque.

Admettre soudain que nous n’avons jamais manqué de rien, que tout ce que nous avons décidé a été joué parfaitement pour nous conduire à cet instant de clarté voilà une étape importante, la seule étape véritable pour dissiper le brouillage crée par nous même, par notre âme.

Admettre aussi que le maître est en soi plutôt qu’à l’extérieur est le grand moment d’une vie qui en éclaire soudain toutes celles par lesquelles l’âme voyage et se souvient de l’ensemble, de l’énergie primordiale qui jamais ne meurt.

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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