Visage Fusain Patrick Blanchon

Tout à coup, me revient à l’esprit cette vieille histoire d’Oedipe confronté à l’énigme du sphinx et un prénom surgit et l’accompagne, Pandore.

Que racontait t’elle déjà cette histoire de boite à ne pas ouvrir sous l’injonction rusée d’Hésiode dans son ouvrage « Des travaux et des jours » .

Evidemment l’écrivain confondit ses traits avec ceux de Zeus le tout puissant et en fit un portrait tout à fait honnête.

Zeus en colère et voulant se venger de Prométhée ayant refilé la recette du Feu aux hommes.

C’est dans l’argile et l’eau que le taciturne Héphaïstos se procure la matière dont il créera Pandore. Puis Athéna lui donna vie et lui procura l’habileté dans de nombreuses tâches manuelles, notamment l’art du tissage. Ne tisse t’on pas les mensonges également dans les vieux récits ?

Sa beauté était telle qu’on ne pouvait imaginer qu’elle le fut sans Aphrodite, quant à Apollon il intercéda dans cette oeuvre collective en lui procurant un talent de musicienne incomparable.

Enfin, il eut été étonnant qu’on l’oubliât, Hermès lui conféra le talent de mentir comme une arracheuse de dents et ajouta comme si cela paraissait insignifiant cette petite option de rien du tout en apparence, la curiosité.

Les dieux regardèrent leur oeuvre et allaient s’en gargariser quant Héra ne peut retenir son élan et lui injecta la jalousie.

Enfin ce fut Épiméthée le frère de Prométhée justement, qui la découvrit belle, qui la désira et bientôt l’épousa.

Dans les nombreux trésors que contenait la dot de la promise, se trouvait la fameuse boite, cette boite que Zeus lui avait offerte en l’accompagnant d’une injonction grosse comme une ficelle après tout ça … Surtout ne l’ouvre pas.

Evidemment, tu connais la suite et voilà où nous en sommes arrivés.

Cette curiosité amenée comme un défaut féminin dans cette histoire me tracassait car je cherchais sa contrepartie fidèle comme toujours en l’homme. Et soudain à l’aube j’entendis cogner contre le mat des galères le gréement de vieilles voiles déchirées et j’aperçus dans le soleil levant le beau visage hâlé de mon ami Ulysse d’Ithaque.

Les récits d’Homère nous disent que c’est aussi la colère des dieux qui firent errer Ulysse de longues années suite à des propos calamiteux qu’il tenu durant la guerre de Troie. Ulysse aurait dit que les dieux le gonflaient en gros et que la fatalité n’existait pas, du moins qu’il ne la voulait pas.

Rebelote, autour de cette nouvelle histoire toute la clique Olympienne se retrouve à nouveau pour conspirer, s’allier et s’opposer.

Mais dans le fond je me demande si mon pote Ulysse après la boucherie de Troie, son taux d’adrénaline au plus haut, n’avait pas eu tout simplement envie d’exercer sa curiosité, mâle celle-ci.

Ainsi donc lecteur, nous voici confrontés tous les deux à la même chose vue de deux manières différentes. La curiosité féminine qui apporte son lot de tourments, et celle masculine qui rapporte son lot d’actes héroïques.

Si on joignait ces deux curiosités en une , on s’apercevrait finalement que c’est bel et bien la seule raison vraiment valable des complots divins.

A croire que le divin s’emmerde et qu’il s’invente des jeux par l’entremise des mortels , il n’y a qu’un pas.

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

2 Comment on “L’énigme du Sphinx

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