« J’arrête parce que je n’ai pas de talent »

travail à l’encre de chine sur le thème du visage réalisé par un élève de l’atelier.

Oui tu as bien lu :

 » j’arrête parce que je n’ai aucun talent, parce que je crois que le talent est une sorte de don qui tombe du ciel et qui frappe au hasard certaines personnes, et je ne suis pas une de ces personnes voilà tout »

C’est une phrase que j’ai plusieurs fois entendue dans mes cours de dessin et de peinture.

Des gens viennent à l’atelier avec une idée et quand le résultat ne correspond pas à l’idée qu’ils se font faite, ils se découragent.

Puis ils commencent à sécher certains cours et pour finir, ils abandonnent, ils capitulent, ils ne viennent plus.

Je me suis longtemps demandé si cela venait de moi, de ma manière d’enseigner le dessin et la peinture .

Quand je perds un élève, je commence toujours par me demander si je ne suis pas responsable de cet état de fait.

Cela m’a beaucoup aidé de m’impliquer ainsi à 100% en pensant que tout provenait de ma façon d’enseigner et, ainsi, au fur et à mesure des années et j’ai pu améliorer ma pédagogie.

Mais il est arrivé un moment où j’ai dû me rendre à l’évidence :

Je ne peux pas tout maîtriser au sein de l’atelier et surtout les élèves qui y viennent ont le droit d’avoir leurs propres difficultés psychologiques, leurs peurs , et le manque de confiance qui va avec.

Depuis maintenant deux ans, j’alimente mes cours en contenu philosophique, en anecdotes, parfois aussi en blagues, afin de désamorcer ces peurs et ce manque de confiance que la plupart des gens ont quand il s’agit de vouloir s’exprimer.

Je suis parti d’un constat l’ayant moi-même expérimenté la pédagogie académique classique ne correspond pas à tout le monde.

J’ai donc mis au point ma propre pédagogie au travers d’exercices ludiques, en trouvant tout un tas d’astuces pour attirer l’attention des élèves sur les raisons d’être de la ligne, du point, de la masse, des couleurs et de l’équilibre et du déséquilibre dans un dessin ou une peinture.

J’ai fait de l’atelier un lieu de détente agréable dans lequel les gens qui y viennent se sentent en confiance, expérimentent des manières de travailler dans la bienveillance et l’absence de jugement négatif.

Et tu sais ce qui me réjouit le plus c’est de constater combien certaines personnes, souvent celles qui manquaient le plus de confiance en elles se sont mises à changer, à progresser, à dépasser leurs peurs.

Une fois par an j’organise une exposition des œuvres de l’ensemble des élèves à l’atelier. La première année où j’ai ouvert il n’y avait pas beaucoup de monde à l’expo et désormais chaque année l’événement attire de plus en plus de monde.

L’année dernière nous avons eu un peu plus de 50 personnes sur le week-end où l’expo avait été programmée, et de nouvelles inscriptions.

Le talent nous n’en parlons plus vraiment dans les cours, nous parlons bien plus de régularité, de travail quotidien, de la durée de ces moments où l’on choisit de prendre un crayon ou un pinceau pour s’accorder le droit de s’exprimer durant les jours où les élèves sont chez eux.

Car la vraie raison à la stagnation n’est pas l’absence de talent, mais c’est de se réfugier confortablement derrière ce faux constat, de ne pas faire le choix de s’installer régulièrement à sa table ou à son chevalet quelque soit les préoccupations de la journée.

On peut s’imaginer beaucoup de choses en dessin, en peinture, et dans tous les autres domaines de la vie mais cela reste à l’état de rêve tant qu’on ne met pas en place une stratégie qui nous convient vraiment. Tant qu’on ne passe pas à l’action, on n’a pas le droit de se dire: « j’arrête parce que je n’ai pas de talent »

On n’a pas le droit de capituler et d’abandonner parce que ton existence après cette défaite sera encore plus amère et tu te poseras encore plus en victime du sort ou de je ne sais quoi d’autre.

Mais sois honnête avec toi même, tu sauras dans le fond de toi que c’est un mensonge, que tu n’as pas fait tout ce qui était en ton pouvoir pour changer cet état de fait.

Voilà tout cela pour te dire que j’ai envie d’agrandir le périmètre de mes cours, pour que toi et un maximum de personnes qui pensent à tort ne pas avoir de talent viennent et reprennent confiance en eux.

Si tu veux en savoir plus n’hésite pas à t’inscrire à mes contacts privés.

https://urlz.fr/aSST

5 commentaires sur “« J’arrête parce que je n’ai pas de talent »

  1. Une anecdote : Il y a une dizaine d’années, une personne très sage et très éveillée me dit qu’elle a hâte de s’approcher de la retraite pour apprendre à dessiner. J’ai été fortement choqué par le fait qu' »apprendre » arrive avant « dessiner ». Si j’ai vraiment envie de dessiner, je commence par dessiner, pas par apprendre à dessiner ! Comment pourrais-je dessiner, à long terme, si ma première motivation est d' »apprendre » ? Et, plusieurs années plus tard, cette personne est une artiste plastique dans une discipline qui lui « colle » plus à la peau.
    Belle et douce journée, Patrick.

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    1. quand l’envie est plus forte que la peur tout baigne, mais cela n’est pas le cas de nombreuses personnes que je croise. Donc pas faux apprendre est une manière de tenter de calmer la peur de se lancer, et au bout du compte on pourrait résumer apprendre à dessiner par apprendre à ne plus avoir peur de dessiner 🙂

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