Le mensonge de l’art.

Ce matin je me réveille avec la gueule de bois. Nuit agitée à élaborer des argumentaires de vente, des arborescences d’offres de formations, des plans, des listes.

Cela m’avait déjà fait ça je m’en souviens lorsqu’il y a maintenant presque 30 ans j’ai commencé à jouer aux échecs. Je rêvais les parties durant la nuit et je me réveillais la tête dans le cul évidemment.

Alors peut-être que toi aussi tu ne dors pas très bien en ce moment parce que tu ressasses ta journée passée ou celle à venir. Tes rêves ressemblent à de grosses lessiveuses d’où l’on t’extirpe rincé, crevé au matin.

J’ai envie de dire que c’est plutôt une bonne nouvelle pour toi, c’est parce que quelque chose bouge au fond et que ton cerveau lance les dés , invente des futurs possibles durant la nuit.

On dit souvent que lorsqu’on veut trouver la solution à un problème il faut s’endormir en y pensant et la solution arrive le matin. C’est vrai !

Et tu vois, ce matin, la première chose qui m’est venue à l’esprit, avant même de prendre mon café, c’est l’art.

Et je me suis aperçu que je n’étais plus du tout hypnotisé par celui ci désormais

Tu sais cet art tel que je l’ai ou que tu as toujours perçu ou tel qu’on te l’a toujours présenté et qui dans le fond (c’est dur à avaler) mais tant pis aller je te le dis

L‘art n’est rien d’autre qu’un gros mensonge de plus.

Et oui, pendant que la Californie crame, que l’Amazonie crame, que l’Afrique crame, pendant que partout le monde est en train de cramer, de se déliter, j’ai bien l’impression que tous les mensonges s’éventent en même temps et que tout est en train de s’évaporer vers le ciel bleu.

La démocratie, mensonge.

La république mensonge.

La politique mensonge.

Le terrorisme mensonge.

bref comme tout part en cacahuète, pourquoi pas l’art aussi ?

Evidemment je n’invente pas le fil à couper le beurre, l’art est déjà parti en cacahuète depuis belle lurette avec la plupart des créations inventoriées avec l’étiquette « contemporaines »

Evidemment les bidules en plastoque de Jeff Koons posés au centre de la cité, c’est le pied de nez ultime à toute velléité de gravité, de sérieux dont pouvait encore s’auréoler l’art jusqu’à peu dans le fond.

Alors effectivement vu sous cet angle comment ne pas rigoler de ceux qui gravement vont te parler d’art. Qui vont pontifier sur l’art.

Tu auras alors deux solutions: leur rire au nez ou en sourire.

D’un autre côté l’art à toujours existé. L’homme ne peut s’en passer.

L’art du mensonge accompagne la recherche du beau depuis toujours et ce n’est pas un hasard si les deux marchent cote à cote.

Peut-être n’est ce plus tant le beau que l’on cherche désormais mais le juste et cette dérive du beau vers la justice est encore une errance j’en ai bien peur.

Car tout de même lorsque je regarde les statues du paléolithique, lorsque je regarde les cariatides étrusques, lorsque je sombre dans le regard obscur d’un Modigliani, quand je suis secoué tout entier par les frontières inouïes que Marc Rothko installe entre ses grands rectangles de peinture. Cette émotion n’est pas mensongère. Elle est écho, résonance face à un silence, un mystère. Est ce pour autant le « beau » , je ne sais pas.

Et je ne parle même pas de « l’étoilement totémique » des œuvres chamaniques d’un Thierry Lambert qui par la symétrie nous ramène à un essentiel perdu dans le fond des temps.

Le beau est devenu presque une banalité désormais. C’est d’ailleurs la seule chose que les gens disent dans mes vernissages globalement.

Intérieurement je leur dis oui si vous voulez , c’est beau mais ça ne nourrit pas .

La beauté ne nourrit pas au sens propre comme au figuré.

La beauté des œuvres d’art comme la beauté des femmes comme la beauté des romans, comme la beauté des mensonges, ce qui la rend belle justement c’est le mystère qui généralement les accompagne.

Que ce mystère soudain vienne à s’éventer c’est comme un soufflé qui retombe et on n’a plus qu’à être bienveillant avec la maîtresse de maison désolée tout en n’en pensant pas moins en repartant.

3 commentaires sur “Le mensonge de l’art.

  1. Forcément, si je mets art, vérité, beau, sens, dans un sac et que je secoue fort, il est probable que le tout s’évapore en vapeurs plus ou moins opaques. Au risque de me fourvoyer dans un coupe-gorge, il me semble que l’art est, d’abord et à la fois, un puits et une source d’émotions. La nécessité est dans le puits et le partage dans la source.
    Belle et heureuse journée à toi, Patrick.

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :