Le simple est difficile

Quelque part sur la route de Romans. Photo Patrick Blanchon

On confond souvent la simplicité et la facilité, mais je peux t’assurer que c’est une erreur grossière d’appréciation.

Ce qui parait simple à première vue, est souvent le fruit d’un labeur acharné, de nombreuses heures de travail, s’il ne faut pas aussi compter en jours, en mois, en années.

La confusion est facile, car nous recherchons en général la ligne droite pour rejoindre deux points , c’est ce qu’on nous apprend à l’école, au travail, dans la vie de tous les jours.

Si on regarde un itinéraire sur Maps on peut le penser, prendre l’autoroute va plus vite que d’emprunter les routes secondaires. C’est une évidence pour la plupart d’entre nous car aussitôt nous vient cette pseudo évidence que nous mettrons moins de temps.

Sauf que ce n’est pas toujours la réalité.

Sur l’autoroute, il peut y avoir bien plus de ralentissements car le trafic est plus dense, tout le monde choisit cette option.

Sur l’autoroute, le risque d’accidents est plus important que sur les routes secondaires, plus meurtrier aussi.

Sur l’autoroute les tentations ne manquent pas de s’arrêter à une station service pour boire un café, se rendre aux toilettes, et si tu regardes le temps perdu, tu vas te rendre compte très vite que ce n’est pas si avantageux que tu le pensais.

Sur l’autoroute, tu dois aussi payer ton trajet.

Peut-être que si comme moi tu choisis d’emprunter systématiquement les routes secondaires, tu t’es aperçu d’une chose étonnante.

Emprunter les routes secondaires exige d’avoir un nouveau comportement.

La vitesse ne sert à rien sur les routes secondaires, elle est absurde.

Elle te permet de développer ton sens de l’initiative, de l’orientation.

Combien de fois ai je lancé le GPS et ai je du modifier la trajectoire proposée pour la rendre plus simple que ce qu’il me proposait ? je ne le compte plus.

Emprunter les routes secondaires t’initie à une chose qu’on a tous plus ou moins mise de coté : le relief, et mieux encore une vision globale de la géographie des lieux que nous devons traverser.

Cela ne se fait pas en un seul trajet bien sur. Il faut parfois des jours, des mois, pour commencer à tirer profit de l’expérience qu’apporte le choix des routes secondaires.

Tiens un exemple :

Avant lorsque je devais me rendre à Romans, je prenais l’autoroute, et je mettais environ une heure à une une heure trente suivant le trafic.

C’était harassant car je devais bien sur revenir le soir par le même trajet.

Du jour où je me suis penché sur le problème, car perdre tout ce temps était vraiment un problème pour moi, j’ai regardé attentivement une carte de la région et j’ai compris qu’il existait plusieurs moyens d’atteindre Romans par de petites routes, parfois même de simples chemins.

Comme j’avais à m’y rendre une fois par semaine à l’époque j’ai fait plusieurs trajets en changeant d’itinéraire à chaque fois, pour tenter d’améliorer la durée du trajet.

Ensuite la qualité des routes aussi est devenue un critère car parfois la route était si étroite, que croiser un autre véhicule posait un problème. Il fallait se garer laisser passer l’autre et reprendre son chemin.

Ce que je veux te dire c’est que souvent pour simplifier quelque chose il faut passer du temps à expérimenter cette chose, en considérer les contours, les limites.

Et puis le moteur de cette recherche de simplicité est important et il faut absolument que je t’en parle

Le moteur, ce n’est pas l’intention de gagner du temps comme on pourrait le penser à première vue.

Le moteur c’est l’intérêt que l’on porte à la moindre chose qu’on entreprend comme par exemple se rendre d’un point A à un point B.

Le moteur c’est le plaisir finalement, que cet intérêt ne manque jamais de déclencher et qui n’est pas seulement une récompense en fin de parcours. Non l’avantage de l’intérêt que l’on porte aux choses c’est qu’il a le pouvoir comme une sorte de batterie, de produire le plaisir de façon quasi instantanée.

On ne s’en rend pas compte tout de suite vraiment, et c’est cela la beauté de toute démarche vers la simplicité.

Alors oui le simple est « difficile » tout simplement parce peu d’entre nous décident d’effectuer la démarche pour le trouver, parce que la plupart confondent le simple et le facile, et le facile avec l’évident.

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