Le plus dur, le plus difficile, c’est de rester là. Sans doute y a t’il encore dans mon sang ce virus familial génétiquement implanté à « l’insu de mon plein gré ».

Tous les départs toutes les fuites, tous les exils continuent à fabriquer des leucocytes et des globules blancs et le programme crée par les anciens continue t’il son cheminement, son errance par ce dernier maillon de la chaîne que je tente d’incarner.

Rester devant la feuille à dessiner, fermer les écoutilles, ignorer le bruit du monde tout autour, exilé du brouhaha des réseaux sociaux, des foules allant par les rues les routes les chemins vers leurs emplois du temps respectifs dans une commune perte de temps aussi il se pourrait.

C’est à la fois une sorte de chance comme une malédiction qui s’empoignent sur le ring de l’instant et que je n’arrive pas très bien à arbitrer.

Accepter de s’asseoir tout d’abord peut prendre un moment.

N’y a t’il pas toujours un café à prendre ou à reprendre.

Une cigarette à allumer pour temporiser,

un chant d’oiseau qui distrait de l’inéluctable,

ou encore la chatte qui miaule

pour que je lui concède sa ration de croquettes, pas plus de 50 grammes attention !

Je ne veux pas d’objectif classique. Je ne veux pas faire un « beau dessin ».

Les beaux dessins j’en ai fait tellement qu’il ne veulent plus rien dire désormais.

Les beaux dessins sont frappés de mutisme, du gauche et de la droite, bing et bang !

Non ! creuser plutôt l’intérieur de cette coquille de noix qui réalise le dessin.

J’ai mis tous les prétextes habituels de coté, plaire et se faire aimer au plus loin.

La reconnaissance aussi, avec un sourire pathétique comme on s’excuse de ne pas pouvoir continuer plus loin, que ça suffit, qu’il faut respirer pour vivre qu’on étouffe etc

En stand bye, tous les engagements feulent et grognent dans leurs cages.

Non aujourd’hui j’ai une chose importante à réaliser.

Une chose majeure.

Je dois apprendre à rester là.

A m’asseoir devant ma feuille de papier avec mon crayon, mon taille-crayon, ma gomme.

Rester là pour dessiner

c’est tout.

Stay here.

The hardest, the most difficult, is to stay there. No doubt there is still in my blood this family virus genetically implanted "without the knowledge of my own free will".

All the departures all the leaks, all the exiles continue to manufacture leucocytes and white blood cells and the program created by the ancients continues its path, its wandering by this last link in the chain that I try to embody.

Stay in front of the drawing board, close the hatches, ignore the noise of the world all around, exile from the hubbub of social networks, the crowds going through the streets the roads the paths to their respective schedules in a common waste of time also there could be.

It's both a kind of luck as a curse that is stuck in the ring of the moment and that I can not quite referee.

Agreeing to sit down first can take a moment.

Is not there always a coffee to take or resume.

A cigarette to light to delay,

a bird song that distracts from the inevitable,

or the pussy that meows

for me to concede his ration of croquettes, not more than 50 grams attention!

I do not want a classic goal. I do not want to make a "beautiful drawing".

The beautiful drawings I made so much that they do not want to say anything anymore.

The beautiful drawings are struck with dumbness, left and right, bing and bang!

No ! dig rather the interior of this nut shell that makes the drawing.

I put all the usual excuses aside, please and be loved to the farthest.

Recognition also, with a pathetic smile as we apologize for not being able to continue further, that's enough, that we must breathe to live that we choke etc.

In stand bye, all engagements burn out and groan in their cages.

No today I have something important to realize.

A major thing.

I have to learn to stay there.

To sit in front of my sheet of paper with my pencil, my pencil sharpener, my eraser.

Stay here to draw

that's all.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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