Quand j’y repense je me souviens de la difficulté à vider la maison de mon père.

Il avait déjà prévu en bonne partie son départ, ces derniers mois, il vivait quasiment comme un moine bouddhiste avec presque rien.

Mais quand même.

Il aura fallu un gros camion pour tout déménager, et j’ai du avant cela bazarder beaucoup de vieilleries à contre cœur à la déchetterie la plus proche.

Quand j’y repense à son enterrement non plus il n’y avait pas grand monde.

Il avait aussi fait pas mal de vide parmi ses connaissances qu’elles soient professionnelles ou amicales, familiales.

Moins de 10 personnes l’accompagnèrent à la fin et voilà : toute une vie et un enterrement presque clandestin.

Evidemment j’ai conservé tout un tas de choses de la maison de mon père.

Des souvenirs. Des meubles, certains tableaux qu’avait peints ma mère. Des papiers des livres, des meubles. Tout cela m’envahit désormais , j’en ai mis au grenier, à l’étage de l’atelier aussi. Et il m’a toujours paru nécessaire de conserver ces choses, tout simplement parce que si je les avais vendues ou jetées je serais devenu le dernier des traîtres, des salauds. j’aurais tué mes parents, je m’en serais débarrassé moi même une seconde fois avec la frayeur larvée que ce fusse la dernière fois.

Mais non dans le fond, c’est bien pire que tout ce que j’ai pu imaginer.

Comme dans cette nouvelle de Kafka ou un cadavre ne cesse de grandir à l’intérieur d’un pièce jusqu’à tout remplir de celle ci.

Peut-être que pour dessiner tranquillement, je devrais m’occuper de ça vraiment, louer un camion et aller décharger tout ça dans la déchetterie la plus proche.

Les tuer une dernière fois mais alors là une bonne fois sans hésitation.

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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