Nous croyons parfois savoir beaucoup, mais il nous manque souvent la connaissance de ce pourquoi nous désirons tant savoir.

Ces derniers temps cette cause première m’obsède dans le sens où ce n’est que récemment, tout au plus une année, que j’ai commencé à me poser la question.

Lorsque nous pensons au désir, et il est assez rare que nous y pensions vraiment, car le propre de celui ci semble être l’aveuglement qu’il crée sur ses origines.

Lorsque nous pensons au désir, et si nous y pensons sincèrement, il y a de grandes chances que nous ne tombions pas sur le manque mais sur une absence.

A première vue cela parait être la même chose.

Mais au second regard ce qui différencie le manque de l’absence, c’est que le premier puisse suggérer être comblé par l’obtention d’un « quelque chose » qui le comblerait.

Ce qui n’est pas le cas de l’absence, qui, dans son mystère, révèle bien plus une « présence » que nous cherchons à fuir en l’entourant de tous les voiles qui sont à notre disposition.

Il faut pénétrer dans l’art assez loin je crois pour sentir cette absence et cette présence tout en même temps- dans à la fois ce coup d’œil fugace et l’éternité dans son infinitude pour parvenir à ce point de conscience particulier de n’en voir plus que la fusion.

Tout tableau, tout livre, n’est qu’un emballage plus ou moins réussit dont le but avéré, et ce même si son auteur s’en défend ou l’ignore, est de mettre en perspective cette présence de l’absence.

J’aurais envie, en créant , à cet instant et pour toujours, de m’enfoncer dans le mystère, de m’y engloutir tout entier comme on fait l’amour et que la jouissance, l’orgasme se confonde avec la mort.

Car il s’agit bien de cela dans l’acte de créer quoique ce soit, une progéniture ou des œuvres d’art.

Il ne s’agit bien souvent que d’un effacement.

Certains peuvent l’envisager comme un sacrifice, une offrande, en espérant une quelconque rédemption à venir, ce qui ne manquera pas de provoquer la pire des déceptions.

Mais qui voudrait-on sauver ainsi plus ou moins adroitement et de quoi ?

Sans doute faut-il persévérer, et traverser le réseau compliqué de couloirs et de cloisons entre l’être et l’avoir pour que ces deux conceptions de vivre, un jour, dans l’athanor du corps et de l’esprit se fondent aux aussi,

et ainsi trouver l’or constitué par la fusion du manque et de l’absence.

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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