Quand j’étais gamin, et je le suis toujours un peu, j’adorais me réfugier au fond du lit avec une lampe de poche pour dévorer des livres de contes et de légendes de tous les pays du monde.

Chaque année, à Noël, ou encore pour mon anniversaire, je recevais ainsi un nouvel ouvrage relié, couverture blanche et filigrane doré, dans lequel je m’évadais presque aussitôt tant les conversations des adultes me semblaient ennuyeuses et vaines.

Il n’est donc pas étonnant que mon engouement pour l’émotion éprouvée durant toutes ces nuits à lire et relire ces histoires, n’ait provoqué chez moi l’envie d’en fabriquer à mon tour.

D’abord en tant que spectateur privilégié en recréant le monde depuis un point de vue fantastique, surnaturel, puis comme marionnette finalement de cet étrange auteur que j’avais extrait de la boue et de la glaise ce mélange d’envies contraires constitué par mes incapacités à vivre « comme tout le monde ».

Il faut partir avec un handicap au moins pour que la mayonnaise commence prendre.

Je repense à ce vieux dicton qui évoque les cordonniers comme ceux qui sont toujours les plus mal chaussés.

Et bien voilà je crois que j’y suis désormais.

Au bout de cette course à toutes les histoires qu’on s’invente ou que l’on invente aux autres se tient un personnage effrayant.

Une espèce inédite d’ogre.

Il se pourrait que tous les restes enfantins auxquels je tenais tant il n’en fasse qu’une bouchée.

Déjà j’éprouve une dureté terrifiante qui s’infiltre dans mon regard

Déjà la compassion à laquelle jusque là je m’étais accroché comme un naufragé, se dégonfle t’elle.

Cette âpreté de la vie quotidienne, son iniquité, son absurdité me procure comme une envie de meurtre désormais qui ne me quitte pas.

Il faudrait encore une fois que je m’ invente un héros pour me sortir de ce mauvais pas.

Hélas, j’ai bien peur de lui rire au nez en lui rappelant que les contes et les légendes ne sont que des histoires pour enfants.

J’en étais là et las de mes réflexions quand deux choses ont surgit soudain dans mon esprit:

La première au sujet des oiseaux .. Tu sais que les chercheurs auraient découvert une chose sensationnelle à leur propos ?

Les oiseaux auraient la faculté d’agir au niveau quantique sur leur cellules ce qui expliquerait la stabilité étrange de leurs formations en groupe.

Et la seconde chose c’est la vision d’un grand oiseau blanc peint par mon bon ami Thierry Lambert et qui se confond avec l’écoute d’un de ses nombreux silences.

Par chance je peux te montrer l’image de cette peinture qui va sans doute sauver toute ma journée en espérant qu’elle t’accompagne aussi dans la tienne.

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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