Expulsé en 1934 du groupe surréaliste pour avoir dessiné des portraits, Alberto Giacometti a du passer par des galeries de New York avant de pouvoir revenir exposer à Paris. Ce n’est qu’en 1962 qu’il obtiendra le grand prix de la sculpture à la Biennale de Venise, puis le grand prix national des arts à Paris en 1965.

Cette citation, comporte deux verbes qui me paraissent important dans toute démarche artistique, plastique , notamment pour le dessin.

Si tous les chemins mènent à Rome comme on a coutume de le dire, en dessin, je ne pense pas qu’il existe tant de chemins praticables que cela.

Tu auras le choix entre la copie, que ce soit celle de dessinateurs connus, ou bien partir de modèles photographiques, ou encore aller t’installer dans la nature, ou à l’arrière salle d’un bistrot afin de t’entraîner.

Car avant toute chose il faut s’entraîner beaucoup avant de trouver son style.

Cependant il existe une autre voie, à la fois plus rapide et plus longue, et qui consiste à ne pas se référer à des choses déjà vues, des choses extérieures, à répudier toute idée de copie, et d’aller trouver en soi, le modèle de ses propres dessins.

Cela demande beaucoup de courage et de naïveté.

Du courage parce qu’il faudra sans doute essuyer des critiques plus acerbes de la part de l’extérieur, et de la naïveté si l’on se tient pour un original, un singulier qui réinventerait à lui seul le monde.

On rencontre souvent ce second cas de figure chez les dessinateurs autodidactes, et ce n’est pas tant l’orgueil qui les aiguillonne qu’une étrange impossibilité de rentrer dans quelque moule qu’il soit.

« C’est plus fort qu’eux » s’exprimer prend le pas sur apprendre ou s’entraîner ce qui ne veut absolument pas dire qu’ils n’apprennent ni ne s’améliorent. Simplement ils s’inventent tout seul leur apprentissage qui n’est pas celui qu’empruntent tous les autres.

Ces deux voies majeures pour apprendre à dessiner sont longues et nécessitent de l’exigence.

C’est cette exigence, cette forme d’impeccabilité en quelque sorte qui va pousser le dessinateur à passer des heures à corriger ses traits, à gommer ce qui est bancal, à regarder, observer encore et encore son travail jusqu’à ce qu’il parvienne à une idée d’excellence tout à fait subjective d’ailleurs.

Ceux qui seront les plus exigeants, mais aussi les plus acharnés à refaire, à s’améliorer, ceux qui maintiendront cette régularité à poursuivre ce rêve un peu fou quand on y pense de représenter un monde -extérieur ou intérieur-peu importe, ceux là sont les vrais artistes.

Ils peuvent être inconnus pendant de très longues années pour tout un tas de raisons qui viennent d’eux mêmes ou du public qui les ignore ou les boude quand il s’agit de montrer leurs travaux.

C’est qu’une fois les dessins effectués après de nombreuses années de patience, de travail, il faut parvenir à rencontrer les autres, ou tout du moins prendre son courage à deux mains pour oser exposer son travail.

Bon nombre de dessinateurs ont alors un double parcours du combattant à réaliser.

Cependant je ne pense pas qu’il puisse exister d’oeuvre véritablement inconnue.

Tôt ou tard le talent rencontre les autres.

Et puis ne mettons pas la charrue avant les bœufs, le sable avant les cailloux.

N’oublions pas le premier verbe de cette citation « on dessine… »

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prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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