Nous vivons une époque troublée dans laquelle nos aïeux n’y retrouveraient pas leurs petits. Tant de choses ont changé ne serait ce que dans les 60 dernières années que j’ai du mal à imaginer ce qui va encore se modifier dans les 60 prochaines.

Et, ce matin j’étais en train de conduire pour me rendre à la banque quand tout à coup je ne sais pas pourquoi , mais je me suis demandé combien d’orgasmes j’avais pu vraiment vivre dans ma vie.

Le tout premier qui m’est revenu à l’esprit fut extrêmement tardif, je devais avoir une quarantaine d’années et jusque là je dois avouer que l’expérience du sexe avec mes partenaires n’était guère plus excitant qu’une transaction de fonds.

Le contrôle que j’exerçais perpétuellement dans ma vie sur le moindre de mes actes se poursuivait au lit et, la plupart du temps je n’étais jamais parvenu à faire confiance à l’autre pour découvrir l’au delà des interdits, et l’interdit principal était cet abandon nécessaire qui permet de rejoindre les étoiles, le cosmos tout entier.

Ce jour là nous avions fumé un joint M. et moi et sans doute cela valait t’il autant que d’avoir partagé le calumet de la paix chez les amérindiens.

Au bout de nombreuses années de guerre entre nous, quelque chose avait cédé et une infinie tendresse nous tomba dessus d’un seul coup.

Était-ce du au haschisch, à la fatigue, nous oubliâmes soudain tous les enjeux anciens, le champ de bataille se déroba pour devenir un grand lit frais qui nous accueillait comme des cigognes atteignant l’oasis.

Tous les interdits avaient soudain disparu comme par enchantement.

Ne s’étendait plus alors que l’immensité de l’univers dans laquelle nos caresses, nos baisers, nos étreintes nous projetèrent soudain.

Cette nuit là nous ne parvînmes pas à trouver le sommeil, nous nous racontâmes en riant comme des enfants des histoires de nouveaux nés aux yeux graves.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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