Armistice.

Tous les poilus que j’ai connus dans mon enfance étaient privé de quelque chose, d’un bras, d’une jambe, d’une main et aussi parfois de mémoire à court terme. Notamment le père Dufresgne unijambiste merveilleux qui sortait tous les matins habillé de pied en cap et qui parvenu à son portail criait tout fort : « Bon dieu qu’est ce que je fous là. »

Nous avions des rapports cordiaux, il me faisait passer des sucreries par les mailles du grillages et je lui envoyais des merci beaucoup qui le satisfaisait comme monnaie d’échange.

Et là il me racontait la guerre, un peu, pour me faire peur.

Il avait perdu sa jambe du coté de Douaumont et il disait qu’il la sentait encore surtout quand le temps passait à l’humide.

De temps en temps il lui arrivait aussi de se souvenir de mon arrière grand père l’instituteur, et il m’en parlait avec un très grand respect.

Tu sais c’était vraiment quelqu’un ton arrière grand père, plusieurs fois décoré il s’est battu aux Dardanelles

Et à chaque fois que j’entendais ce mot de de Dardanelle je m’inventais des images de combats, un peu semblables à celles que je voyais dans mes livres sur les croisades.

Ce ne fut que tardivement que je décidais un jour de chercher vraiment où étaient ces fameuses Dardanelles dont la sonorité me rappelle tous les morts unijambistes et autres.

Je suis tombé sur la péninsule de Gallipoli qui ne m »évoque rien du tout.

Aujourd’hui c’est l’armistice et je repense à tout ça à tous les membres perdus connus et inconnus au grand champ de bataille des Dardanelles et des Douaumont imaginaires désespérément désormais que personne d’autres que ces gens là ne peuvent connaitre jamais, qui resteront pour toujours imaginaires, même localisés par les gps et les cartes d’état major.

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