J’ai pris l’habitude d’écrire chaque jour, assez souvent chaque nuit, le jour et la nuit se mélangeant dans l’acte d’écrire.

Je me creuse moins la tête qu’auparavant plus jeune où je cherchais mes mots, ignorant quoi écrire à chaque fois que j’ouvrais un carnet.

Désormais je n’ai plus qu’à ouvrir la page neuve de ce logiciel et poser un mot comme fanal en titre pour que tout coule au fur et à mesure comme une eau parfois trouble, parfois vive selon l’humeur.

Ecrire est devenu une addiction tranquille qui ne dérange personne.

Ecrire m’aide à tenir pour le reste du temps de la journée à traverser à me resserrer un peu avant de m’éparpiller.

Ecrire me donne parfois l’impression de m’être utile, ou complètement inutile, cela aussi c’est selon.

Selon le dernier repas pris

selon le climat

Selon ce qui me traverse aussi à cet instant ou je décide de m’immobiliser sur la chaise, au bureau pour me mettre à table noir sur blanc.

Je ne sais pas pourquoi je passe par l’écriture plutot que par la peinture.

Je pourrais faire la même chose avec le dessin, la peinture. Me dire aller à table et tous les jours un peu noircis et coloris des feuilles, des toiles, tu sais maintenant que ça s’accumule

que chaque jour est une partie à produire

comme la pierre que l’on pose entre deux pierres.

Cependant que je ne m’y résoud pas bien dans le dessin et la peinture.

Jusqu’à me dire aussi que je ne suis pas dessinateur, ni peintre, que j’ai emprunté un personnage encore qui jour le dessinateur et le peintre et qui n’est pas moi.

C’est une grande question ces jours derniers de savoir quoi dessiner et quoi peindre désormais.

Un vide encore

Que je tente de combler maladroitement en remplissant d’autres trous tout autour de celui ci.

L’écriture est une pelle sans doute une pelle ou une pioche qui sert à la fois à creuser et combler ce fichu trou.

Le trou formé par les mensonges, les illusions, leur acidité corrosive.

Je m’y enfonce chaque jour chaque nuit un peu plus comme dans une sorte d’aveu.

Et quand je me pose la question de savoir à qui cela est adressé

Est ce à moi ?

Est ce à toi ?

Je préfère m’extraire de la chaise d’un seul coup, et me retrouver dans la cour à fumer en regardant les petits paquets de la neige qui fond, qui ne tiennent pas.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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