Lassitude

sirenes sur poterie grecque

Je regarde le fil d’actualité et comprends soudain mes vieux élans solidaires, ceux là mêmes qui m’abandonnent au creux de l’hiver.

Je les regarde avec un peu de nostalgie, car dans un sens il insufflaient une illusion de vigueur à certaines croyances. Se fédérer contre ou pour, comme si cela allait remplacer ce vide qui ne cesse de progresser comme le froid.

J’avoue que j’ai du mal en ce moment, j’irais parfois même à trouver tout ça tellement ridicule, enfantin, puéril, débile, pléthore de qualificatifs pour cacher mon désarroi sans doute.

Ce qui est con si j’y pense c’est cette lassitude régulière qui m’évacue à distance et qui somme toute est tellement semblable à ce que tout à chacun produit : cette distance face à un événement depuis laquelle on se permet, on s’octroie, je ne sais quel droit.

Comme si cette lassitude encore tentait de retrouver une force en agrippant la comparaison, le jugement, la critique, comme béquille.

Pourquoi ne pas me dire simplement je suis fatigué sans raison, sans responsabilité, sans culpabilité non plus.

Pourquoi ne pas me dire je suis fatigué et quelle image encore d’héroïsme débile désirerais je préserver ?

Celui de mon père qui m’a apprit à serrer les dents durant ses dérouillées

si tu pleures tu en reçois le double

Celui de mon grand père prisonnier des allemands qui renâcla à la fin à revenir chez lui

celui de cet autre grand père russe qui avec 29 autres seulement survécu à la bataille des glaces dans les troupes de Kornilov

D’où me vient ce personnage de capitaine courage

Et de ces séries aussi

en fin de compte de cette putain de grèce antique

Je me suis toujours plus ou moins pris pour la réincarnation d’Ulysse

Et au bout du bout quand les sirènes repartent

je comprends bien que malgrés toutes les attaches tous les liens

l’incohérence de leur chant a fini par m’égarer

et qu’à force d’errance j’ai découvert le point névralgique, en son centre même

qui se nomme aujourd’hui « lassitude. »

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