Les raisons de crier seraient aujourd’hui toutes aussi nombreuses qu’hier, elles le seront sans doute encore demain. Cependant que ce cri là, celui qui cherche à sortir, et qui ne vient pas, qui ne vient jamais, ce cri muet figé dans la peinture me renvoie à mon cri personnel, et secret.

C’est un cri sans raison, déraisonnable, qui à sa frontière irradie la dangerosité de devenir ininterrompu et c’est sans doute à cause de ça qu’on ne le provoque pas, de peur de ne plus jamais pouvoir l’arrêter.

On pourrait bien le confondre avec un cri de folie mais il dépasse celle ci car la folie humaine ne peut à elle seule le contenir ou l’exprimer.

c’est un cri cosmique qui réunit la douleur et la joie entremêlées sur la passerelle du temps qui passe et qui n’existe pas en même temps qu’on en subit la solidité irrémédiable.

C’est le cri que l’étoile et le silex poussent ensemble dans le silence froid d’un univers en déshérence, celui d’un homme sans progéniture éprouvant l’inutilité, comme celle que ressent une femme qui ne donne pas la vie

Dans un à quoi bon prodigieux qui ne peut plus être scellé.

c’est un cri aussi qui cherche à atteindre l’inatteignable

Dans un espoir au bord d’être perdu

d’un jour être entendu.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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