Taureau et chimère, travail d’élève à l’atelier.

Je regarde une fourmi sur le sol de la cuisine qui emporte une miette de je ne sais quoi. Elle n’hésite pas, elle s’en va droit muée par un but précis, et il semble que rien ne puisse l’en détourner.

Rien à voir avec ce que je suis qui ne cesse d’être tiraillé perpétuellement entre les conséquences possibles de chaque choix que j’envisage.

A toujours mesurer ainsi les choses, à peser le pour et le contre, on n’en finit jamais et rien ne se fait.

C’est sans doute que toi comme moi nous ne cessons d’éprouver ce terme devenu si familier : la fameuse dualité.

Si nous avons le sentiment qu’elle pèse de plus en plus sur notre petite existence c’est qu’elle est sans doute liée à notre immaturité d’occidental.

Nous sommes encore comme des gamins à chercher les limites de l’autorité parentale, gouvernementale et s’il le faut encore, Divine, comme si ça ne suffisait pas.

Cet écueil à quoi l’attribuer dans le fond si ce n’est à l’idée de liberté qu’on nous a insufflée depuis la révolution Française. On nous aura fait croire que nous pouvions décider de notre destinée de Peuple, élire des représentants qui porteraient haut notre voix.

Mais tout cela n’était encore que manipulation, mensonges, trahison.

Ceux qui ont pris gout au pouvoir un jour ne le lâchent pas si facilement.

Il fallait qu’il soient rusés pour créer aussi l’impression de choix. Créer des partis de gauche, de droite, au centre et sur les extrêmes pour caser tous les rêves populaires, pour canaliser chaque colère selon une couleur, dans sa petite boite.

Ainsi en créant la pluralité, la diversité, la République, on nous aura fait oublier peu à peu notre condition d’esclave pour acquérir un ego de citoyen, de salarié, puis de chômeur, de retraité, les substantifs sont nombreux pour nommer la défaite des révolutions.

Le pouvoir crée la dualité en douce, et au final le citoyen fait sienne cette idée et finit par la réclamer avec force.

D’ailleurs si l’on regarde les dernières élections présidentielles à quoi assiste t’on en vrai ?

Encore à une proposition dualiste entre une dictature menaçante et une autre qui prend de grands airs salvateurs.

Tout cela mon bon ami, lecteur n’est que poudre aux yeux destinée à contenir l’émeute.

du moins pour le moment.

Il se pourrait bien que les écailles tombent de plus en plus des yeux et que de plus en plus de salariés citoyens constatent qu’ils ne sont que les esclaves d’un choix qui ne leur appartient en rien, tant tout est déjà prévu d’avance.

Il se pourrait bien que la rue deviennent un champ de bataille où la désespérance montre une fois de plus avec la violence son visage.

Et tu vois, cela aussi est déjà prévu, cela est déjà scénarisé aussi.

Le jusqu’au boutisme de la dualité dans le fond c’est une image de code binaire.

Il n’y aura bientôt plus d’autre choix qu’en 0 et 1

Autant dire entre la dictature et la tyrannie.

Nous voyons souvent de très loin les guerres ethniques et portons des jugements rapides à l’emporte pièce. Nous ne comprenons pas les massacres, ils nous horrifient comme sont horrifiés les enfants qui lisent des histoires à dormir debout quand ils voient l’ogre arriver.

La vérité possible- il en existe tant- c’est que ces personnes sont initiées très tôt à la réalité du monde et à leur condition humaine. Ils ne sont pas dans des rêveries démocratiques à part les quelques rares qui viennent étudier en occident, la plupart ne se mêlent pas de vouloir changer ou sauver le monde mais gagner leur vie et élever leurs enfants dignement en tant que femmes et hommes vivant en bonne entente sur cette planète.

souvent on se demande pourquoi ces pays sont sous l’emprise de la dictature, on se révolte on s’insurge de loin.

Peut-être que le poison de l’indépendance, de la liberté, du salariat, ne peut plus pénétrer dans de tels esprits qui sont bien plus vieux que nous autres.

Peut-etre ne se font ils plus leurrés.

Ils savent trés bien que le pouvoir sera toujours le pouvoir

alors ils placent des dictateurs pour l’incarner quand ce n’est pas nous autres occidentaux qui les plaçons à leur place… tout est tellement bien ficelé de longue date..

De temps en temps un coup d’état change le bonhomme et on repart avec un pouvoir qu’on pense neuf, juste pour s’amuser un peu , rire un bon coup en croyant faire la nique à la bonne vieille dualité.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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