La responsabilité

Taches d’encre Patrick Blanchon

Si je n’ai jamais aimé ce mot c’est qu’il véhiculait, il véhicule toujours cette obligation d’être en relation avec le monde d’une façon qui ne me parait pas congruente avec ce que je ressens.

La responsabilité s’avance à pas de loup avec des œillades taquines, pour ouvrir soudain la bouche et on découvre alors le pot aux roses : tous les « tu dois et les il faut. »

Ça commence tôt et avant même que tu aies le temps de réfléchir. A peine l’age de raison atteint que tu es déjà bardé de responsabilités, de devoirs et que tu vois ta récréation s’amenuiser peu à peu comme un morceau de cuir sec.

Je pense bien sur à la peau de chagrin et en même temps au fameux portrait de Dorian Gray. Mystère insondable des associations d’idées.

En tous cas de quoi suis je vraiment responsable c’est la question du jour, et qui m’invite à reconsidérer le mot lui même et les premières déflagrations qu’il aura causé dans ma vie.

La déflagration, ce n’est que moi qui l’ai déclenché tout seul comme toujours en partant d’un malentendu. En confondant responsabilité et tâches, obligations, devoirs, et toutes les injonctions associées pèle mêle.

Nul ne m’a jamais expliqué vraiment ce que signifiait  » être responsable » ou plutôt si on ne me jamais aidé à faire mien ce mot les torts sont dans tous les sens. a la fois du mien pour ne pas avoir voulu lire un dico, et du coté de mes parents d’être occupés à gagner leur vie, et n’avoir pas pris le temps de se l’expliquer vraiment à eux mêmes aussi.

Je ne me cherche pas d’excuse.

Je cherche seulement à comprendre comment être responsable et si que ce mot seul signifie vraiment quelque chose pour moi.

Je me suis senti responsable d’élever des enfants et j’ai tenté devant eux d’être une belle personne qui leur indiquerait le « bon chemin ».

Plantage total.

Je me suis senti responsable de faire mon travail correctement dans de nombreux postes que j’ai occupé. D’être une sorte d’employé puis de chef modèle …

Plantage total

En fait je remarque qu’à chaque fois que j’évoque une expérience de responsabilité c’est un échec, un naufrage.

Dois je m’en prendre au mot responsabilité ? Ou plutôt à moi même d’avoir désiré endosser une responsabilité qui n’existait que pour ces personnages que j’ai inventés au fur et à mesure de ma vie d’écolier, d’employé, de mari et de père ?

C’est bien en cela que le mot m’aura toujours effrayé je crois, c’est que des le début il me proposa d’emprunter des routes, des chemins qui m’éloignaient à chaque fois un peu plus de moi-même.

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