Le désir

Désirs et passions sont de tous temps des forces qu’il s’agit pour le philosophe de contrôler afin de pouvoir vivre sagement, utilement. Sont énumérées au fil des pages de manuels la cohorte des how to permettant à quiconque s’en préoccuperait de réfléchir sur la notion de désir.

Cependant que réfléchir sur le désir ne l’a jamais franchement calmé, en tous cas chez moi la réflexion n’a jamais apporté la plus petite amélioration dans ce domaine. Je dirais même au contraire, plus j’ai réfléchi dans certaines périodes troubles de ma vie, afin de contraindre, de contrôler, de juguler, le désir par la pensée plus celui ci s’est trouvé renforcé.

Sans doute que le désir n’a rien à voir avec la pensée du moins c’est le constat que j’ai pu en établir en final. Le désir est le moteur d’expériences à vivre, le désir est le vecteur de toutes les errances qui ont fini par me constituer.

En ces temps formidables que nous traversons, le terme de « mission de vie » devient de plus en plus fréquent et familier et j’avoue que pendant un temps j’ai pu adhérer à cette idée que nous venions nous incarner sur terre pour des raisons précises, pour être utile à je ne sais qui ou je ne sais quoi.

Mais ce n’était pas très honnête ni congruent avec mon expérience personnelle. J’ai donc fini par abandonner en majeure partie l’idée que j’avais à réaliser une « mission de vie ».

Je préfère mille fois le terme d' »expérience ». Je suis venu au monde pour expérimenter la vie, l’existence. N’est ce pas plus ouvert, plus désopilant, moins flippant somme toute que d’avoir à endosser une « mission » ?

Et ça me fait prolonger encore plus loin mon raisonnement sur l’individualisme forcené dans lequel nous nous enfonçons progressivement de plus en plus.

Je crois que c’est très bien comme ça d’expérimenter à fond l’individualisme si c’est pour découvrir, chacun de nous, en nous l’intérêt majeur d’un collectif vraiment utile à tous.

Le désir reste toujours insatisfait, car l’insatisfaction semble son fondement. Nous avons tenté de satisfaire par tous les moyens possibles et imaginable notre soif de satisfaction en lui proposant des objets tous plus divers les uns que les autres, que ce soit la religion, la guerre, le sexe, les objets de consommation et la télé réalité mais force est bien de constater que ça ne fonctionne pas.

Le désir nous propose de nous extraire de nous même pour aller quérir quelque chose à l’extérieur de chacun de nous. Le désir nous propose ce jeu d’aller résoudre des énigmes que nous portons en nous mêmes et que nous ne pouvons résoudre seuls.

Et, lorsque nous ne cherchons plus à l’extérieur, lorsque nous retournons, vaincus, las, défaits, combien de fois avons nous pu constater que ce que nous cherchions si ardemment se présente alors à notre porte en même temps que ce constat rigolo que nous n’en n’avons plus besoin.

En attendant dans cette formidable expérience du désir, de notre projection de celui ci dans le monde, nous avons traversé quelque chose de difficilement exprimable, mais que nous sentons d’une importance réelle.

Nous avons expérimenté la vie, un point c’est tout.

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