Collection « Erotica » Femme assise sur un lit

Trop de bière et trop d’errance la veille dans les rues de Saint-Germain-des près. J’avais démarré au Montana sans doute mais la musique trop forte et la gueule des gens autour de la mienne, dans les reflets du grand miroir m’avait éreinté d’emblée. Je n’avais pas demandé mon reste, après avoir pissé je suis revenu dans la nuit fraîche, et aussitôt mon désir de boire était revenu intact.

Je me souviens il y avait une queue géante devant le cinéma et la terrasse des Deux Magots était pleine comme un œuf. Dans l’air un parfum bon marché me ramena dans un coin débile de ma vie sans que je n’y prenne garde et c’est naturellement que je me retrouvais une fois de plus accroché au zinc d’un autre bar, entouré de têtes plus ou moins familières. Et je crois que c’est aussi là qu’elle était.

Normalement je n’en aurais rien eu à cogner de sa solitude, j’en aurais ri en bottant en touche avec une remarque blessante si possible afin d’avoir la paix et continuer à m’enfoncer dans l’ivresse comme chaque soir.

Jojo le Philosophe ouvrait encore sa grande bouche édentée, je vis encore une fois l’acteur taciturne à l’œil de corbeau toujours installé à l’angle, bien droit en levant le coude, et aussi la petite salope blonde qui aguichait un grand couillon que je n’avais encore jamais vu.

Alors j’ai dit ok et je l’ai suivie jusqu’à chez elle parce que chez moi c’était au bout du monde, elle n’aurait pas tenue la cadence.

Finalement nous n’avons pas baisé, c’était tellement ridicule avait t’on convenu.

Il lui restait un vieux fond de Jack Daniel et des crakers belin un peu rassis.

Et puis elle a commencé à vouloir parler et c’est là que j’ai prétexté la fatigue et que je l’ai laissée.

C’était une soirée comme toutes les autres, banale à crever, un peu plus sordide que les autres quand même aller.

En passant j’ai vu que le petit bar de la rue de Seine était encore ouvert et je me suis dit encore un pour la route.

Ensuite il y a un bon dieu pour les poivrots je me le suis toujours dit. Je ne me rappelle jamais comment je reviens chez moi. Encore une nouvelle journée qui m’a tout l’air de vouloir démarrer comme les autres.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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