Amour

Cupidon de nos jours

Ce qui est étonnant mais dans le fond n’est ce pas d’une grande banalité, c’est le désamour qui surgit lorsque l’objet de notre amour ne convient plus à l’impression première et à la construction mentale que nous avons formée par rapport à celle-ci.

Dans le fond la recherche perpétuelle de points communs entre deux êtres rassurent peut-être mais on ne peut pas dire que ce soit véritablement de l’amour ni même de l’amitié.

Nous connaissons tous la phrase qui tourne en bouche sur les réseaux sociaux :

« L’amour c’est regarder ensemble dans la même direction ». Jolie phrase mais qui ne veut pas dire grand chose. Déjà parce que regarder n’est pas donné à tout le monde, qu’il faut beaucoup travailler pour apprendre à regarder et ensuite  » la même direction » est une locution vide de sens.

Au contraire l’amour véritable n’a pas besoin de slogan ni de mot d’ordre. On aime les gens ou pas pour ce qu’ils sont et il faut toujours s’attendre à les découvrir peu à peu autrement que ce que nous pensions qu’ils étaient.

Etre déçu par quelqu’un si on n’y réfléchit bien ce n’est pas tant une déception qui vient de l’autre mais de ce que nous avions espéré qu’il fusse.

Malentendu de taille cause de querelles sans fin, de ruptures, et de regrets.

Pour mon compte ce sont souvent les défauts de l’autre, ses maladresses, et même ses mensonges, ses failles qui me le rendent aimable vraiment et ce sont les premières choses que je puis regretter quand l’autre pour une raison ou une autre s’absente ou disparaît.

L’amour dont on parle sur les réseaux sociaux de plus en plus est une sorte d’amour préformaté duquel si on ne respecte pas le cadre, la règle, les poncifs fait grincer bon nombre de dents qu’on aurait pu croire de lait mais qui se transforment soudain en crocs.

L’amour est d’une infinie profondeur et il te faudra des poumons d’apnéiste pour oser t’enfoncer dans ses abysses, parce que l’amour quand on est jeune est surtout une expérience, et la seule richesse qu’on ait vraiment c’est du temps et de l’énergie à dépenser pour vivre cette expérience.

Ainsi j’ai connu une femme qui avait été violée enfant par son père et qui ne pouvait malgré tout s’empêcher de vouloir l’aimer.

Celui ci étant décédé elle s’était inventé une version toute personnelle de l’amour paternel. « il m’a violée pour me protéger ! pour m’apprendre la vie ! en fait c’est pour me montrer de quoi sont capables les hommes et même lui mon propre père s’est sali et m’a sali pour me l’apprendre « 

Le fait est que cette femme ne rencontrait toujours que le même genre de partenaire, qu’on pourrait dire « louches » « associaux » « borderline » et évidemment cela se terminait toujours mal parce que dans son esprit aucun n’était en mesure d’être aussi violent avec elle que son père , aucun ne l’avait vraiment violée.

Inconsciemment elle tentait de pousser ses partenaires à bout pour revenir à une représentation théâtrale, à son traumatisme.

Malheur cependant à celui qui s’y serait risqué, toute tentative alors eut été vouée à l’échec et l’individu dégagé pour garantir et renforcer cette version de l’amour qu’elle s’était crée.

« Aucun homme ne peut m’aimer autant que mon père car lui a été capable d’aller jusqu’au bout en me violant… »

Voilà comment nous sommes pris dans des psychodrames et nous cherchons à régler des affaires personnelles en nous appuyant sur le prétexte de l’amour.

Vu d’un certain point de vue il est loisible d’en rire ou d’en pleurer car on peut constater une impuissance à vouloir aimer quelqu’un qui a une version aussi tordue de ce que peut être pour elle, pour lui, l’amour

Mais même une version tordue de l’amour, n’est ce pas encore de l’amour ?

On peut s’interroger aussi sur le temps que l’on perd à se fourrer dans ce genre d’histoires un peu trop souvent.

« C’est qu’il faut être deux pour danser le Tango disent encore les vieux « 

Est ce que c’est de l’amour pour autant me demanderas tu ?

Oui bien sur c’est de l’amour, et tant pis si parfois cela prend le visage de la haine, de la plus crasse des bassesses humaines, l’important c’est d’avoir su avancer un peu plus loin que le bout de son nez et continuer son chemin débarrassé d’un bon paquet d’illusions sur l’amour, sur l’ amour faux qui n’a pas survécu dans le fond au véritable amour, celui que l’on emporte chacun pour soi en esquissant si possible un sourire.

Le problème de l’amour ce n’est jamais qu’il soit absent c’est qu’il est toujours présent mais nous avons un mal de chien à nous y faire tant nous sommes hypnotisés par des buts et des stéréotypes de ce qui nous conviendrait qu’il soit.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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