L’impermanence

Fleurs de cerisier Japon.

Le dharma est un mot hindou qui prend sa source dans la racine sanskrite « DHR » qui signifie « rester ferme ». Et c’est aussi une sorte de piste à suivre afin de ne pas lutter contre l’impermanence. Cette impermanence qui nous obligerait sans relâche à mourir puis à renaître et ce tout au long ( tout au très long ) des réincarnations successives.

Il existe des maîtres et des écrits de tout acabit pour enseigner à celui qui tombe sur le pot aux roses une « conduite » élaborée avec une liste de préceptes qu’il n’a pas besoin vraiment de ruminer. Il suffit juste de l’appliquer aveuglément et cet aveuglement est inspiré par la confiance, la foi que l’on porte à cet enseignement et à celui qui le dispense.

Une fois ceci acquis, il alla faire une petite sieste roborative et durant celle ci il eut de nombreux rêves au travers lesquels des bribes de vies antérieures semblèrent surgir puis disparaître tout aussitôt.

Oh ce n’était pas franchement des réves extraordinaires non, plutôt des scènes de ses vies passées dans lesquels il retrouvait des lieux et des visages familiers. C’était sa vie qui resurgissait comme des pics et des monts juste au dessus de la surface de l’oubli. Des moments que l’oubli avait engloutis.

Il eut l’impression alors d’avoir pu se réincarner des milliers de fois dans l’espace d’une seule vie. Cela lui sembla étrange, il aurait pu avec un peu d’enflure s’en glorifier rapidement et s’imaginer qu’il était une sorte d’élu. Mais il préféra se lever du canapé pour aller se faire couler un café.

Celui ci avalé il comprit tout à coup qu’il avait enfreint une sorte de tabou sans vraiment le désirer.

Le monde entier semble lutter contre l’impermanence des choses. On construit des villes, des monuments, des œuvres d’art, on écrit des romans et tout cela semble être produit par une volonté de rester ferme face à cette impermanence. Conserver une trace de son passage éventuellement qui pourrait subsister longtemps après. Survivre au laminage qu’effectue sans relâche toutes les postérités.

Il trouva cela grotesque.

Lui avait toujours aimé l’impermanence des choses. Le cerisier avait une floraison blanche et rose le matin et puis le soir toutes les fleurs à terre. C’était ce qu’il considérait comme étant l’ ineffable ou l’ordre des choses de ce monde.

Il en était peu à peu devenu ainsi avec presque toute chose qu’il croisait, objets, lieux et êtres.

Rien n’était vraiment d’une solidité à toutes épreuves et tout se dissolvait peu à peu dans l’impermanence qu’il confondait aussi avec la banalité et la médiocrité les mauvais jours.

Dans le fond il s’était ancré à une idée très abstraite du monde proche de la certitude ce qui était un comble.

Il avait décidé que la seule chose qui ne changerait jamais c’était l’impermanence du monde et des êtres.

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