Férocité

Talons haut photo anonyme

Malgré sa mimique douce, son attention perpétuelle à ne pas trahir qui il pensait être, il ne retrouvait pas cette image de lui-même qu’il aurait tant aimé apercevoir dans le regard vert de la jeune femme.

C’est surement pour cela, car il faut une raison à tout, songeait t’il qu’il paya les consommations brusquement et qu’il l’entraîna vers la chambre d’hôtel.

Dans l’escalier il la fit passer devant lui non par politesse ou par galanterie, mais pour profiter au mieux d’une vision pathétique que lui offraient à la fois le balancement de sa croupe engoncée dans une jupe trop serrée et des talons aiguilles de ses escarpins bon marché.

Ça ne l’excitait pas et il s’en voulut, puis naturellement il lui en voulut à elle. Il lui en voulut d’être aussi conne de l’avoir suivi lui et il s’en voulu à nouveau d’avoir accepter son offre d’aller boire un dernier verre avec tout ce que cela sous entendait.

Il l’avait rencontrée quelques jours plus tôt au supermarché d’à coté. Il avait choisi de passer par sa caisse parce qu’il y avait moins de monde, c’était bête à pleurer.

Et puis il avait observé son chignon et ses yeux verts un peu plus bas. Une sorte de mélancolie qu’il y avait surprit et un sourire triste avait achevé le tout. Il lui avait donné rendez vous le soir même et puis ils étaient allé au cinéma.

Il se souvenait encore de la lueur de joie à peine dissimulée sous la coquinerie qu’elle avait voulu afficher. Et il avait songé qu’elle devait approcher de la quarantaine, qu’elle était seule, probablement avec un ou deux gosses à charge. Elle devait en être à ce moment particulier ou l’on hésite encore à se dégourdir ou reconstruire une famille.

Il ne se souvenait plus du titre du film. C’était pourtant la première chose que demandait l’inspecteur de police pour examiner les alibis. Il se demanda si finalement il ne faisait pas tout plus ou moins consciemment pour qu’on l’arrête et qu’on l’enferme une bonne fois pour toutes.

Il introduisit la clef dans la serrure et la porte s’ouvrit en grinçant légèrement sur le décor de la petite chambre. Les rideaux étaient tirés et il y régnait une chaleur à crever, le proprio de l’hôtel avait l’habitude de pousser au maximum la chaudière pour compenser le manque d’isolation. Le mobilier appartenait aux années 50 comme le papier peint et il fit un vœux pour que les cafards qui montaient depuis la cave d’une épicerie africaine ne viennent pas les déranger trop tôt.

Enfin ils étaient là et ils s’assirent sur le lit et il nota qu’il était assez doué pour paraître embarrassé comme elle. Sauf qu’il n’arrivait pas à rougir, elle était bien plus douée que lui dans ce domaine.

C’est surement cela qui déclencha la suite. Cette rougeur sur son visage et aussi le trouble qu’il découvrit dans son regard. Un trouble animal si l’on peut dire qui du se propager rapidement.

Il se retrouvèrent nus dans les draps et tandis qu’elle implorait qu’il l’embrasse il tentait de l’exciter en lui caressant la chatte et l’anus de façon compulsive.

Mais elle semblait s’accrocher à son registre sentimental et il se lassa.

Il la culbuta rapidement en levrette et nota ce faisant que ses lourds cheveux sentaient la friture et un relent de parfum bon marché ce qui le fit jouir de façon intempestive.

Il se retira en toute hâte, alla se laver la queue en retirant le préservatif qu’il jeta dans la poubelle. Puis lui faisant face il lui dit qu’il devait se lever de bonne heure le lendemain, qu’il était crevé et à un de ses jours.

Alors il la vit se décomposer, son sourire se figea et son regard s’assombrit. Elle se métamorphosa soudain en harpie et l’insulta copieusement parce qu’il l’avait « trompée » qu’il avait joué cette putain de comédie de l’amour.

Quand il referma la porte derrière elle il colla son oreille pour écouter le son de ses talons aiguille qui s’amenuisa peu à peu dans la cage d’escalier. Il hésita un instant entre la satisfaction et la sauvagerie. Il décida d’attraper la bouteille de whisky toute neuve et de danser à poil au milieu de la petite chambre.

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