La ligne claire

Entre la ligne confuse, la ligne qui apparaît comme par mégarde, la ligne épaisse qui cerne tel un plomb la couleur, la ligne protéiforme presque invisible et qui s’accentue pour indiquer une ombre puis s’évanouit à nouveau aux abords de la lumière, il y a entre toutes ces lignes plus ou moins poilues, comme retranchées dans la peinture, la découverte, ou plutôt la redécouverte de la « ligne claire ». C’est une expression que j’emprunte à l’un de mes amis Facebook, Michel Cadière, formidable artiste dont je vous invite à explorer les travaux.

La ligne claire, est apparut plusieurs fois dans ma rétine cette année et à diverses occasions j’ai éprouvé envers elle cette sensation familière qui doit remonter à l’enfance et qui flâne encore avec ma passion ancienne de la bande dessinée.

Il y avait quelque chose de clair, de limpide, de rassurant à feuilleter les albums de Tintin dans lesquels je pouvais rester des heures sans éprouver le moindre ennui. Une case recelait tellement d’informations que je m’y abîmais littéralement. Le livre alors s’agrandissait comme un univers immense et chaque dessin était un fragment de la même nature des fractales qu’il suffisait d’explorer attentivement pour rejoindre l’histoire toute entière au delà de l’intrigue elle-même.

Je crois que bon nombre de dessinateurs de ma génération doivent beaucoup à Hergé. Puis à l’adolescence j’ai découvert Corto Maltese et j’ai lâchement laissé tombé Tintin. A la tranquillité, la quiétude de Tintin, mon anxiété adolescente aura préféré la rapidité du trait de Hugo Pratt. D’ailleurs Corto ne veut que dire cela « rapide » en Espagnol.

Et puis les années auront passé. J’ai peu à peu diriger mon attention sur la couleur, sur la peinture et j’ai délaissé le trait peu à peu.

Cette année 2019 c’est à l’occasion de ma rencontre avec Thierry Lambert que j’ai pu retrouver tous ces souvenirs d’enfance perdus. Son trait extraordinaire de netteté et de clarté, un trait qui ne connait pas l’hésitation, m’a redonné le gout du dessin. Et, au delà de Thierry plusieurs autres comme Michel Cadière, comme Caroline Ortéga, Mister Turtle, et Antoine Meurant et désolé pour tous ceux que je vais oublier, mais tous ces artistes m’ont aidé pour retrouver l’envie, la nécessité de dessiner avec plus de clarté désormais.

La ligne claire si tu veux ce sera dans une certaine mesure le fil d’Ariane qui se trouve parallèle à la ligne écrite sur ce blog chaque jour et qui sans doute me guide dans le labyrinthe de façon tranquille désormais, sans urgence, mais jour après jour.

Illustration « Jardin du Luxembourg » Antoine Meurant

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