Le manque de réaction.

Étonné par l’anesthésie dans laquelle les fêtes de Noël me plongent depuis la fin novembre , j’ai voulu rechercher un nom plus court, peut-être même savant ou scientifique à ce que j’ai fini par appeler « mon manque de réaction ».

Car ce malaise général que me procurent systématiquement les fins d’année se rapprochent assez de ce que l’on pourrait appeler une « maladie chronique ».

En tapant l’expression « manque de réaction » sur un célèbre moteur de recherches j’ai trouvé tout un tas de synonymes

« insuffisance, privation, absence, carence, indigence, dénuement, pauvreté, abstinence, disette  
[antonyme]   abondance  
2    défaillance, déficience, défaut, pénurie, carence, insuffisance  
[antonyme]   excédent, excès  
3    vide, lacune, abandon  
4    lacune, omission, déficience, insuffisance  
5      (familier)   défectuosité, raté, déficience, pénurie, carence, insuffisance  
[antonyme]   excès, abondance  « 

Ce qui me frappe immédiatement et ne concoure pas à me rassurer c’est que cette liste revêt une aura négative. Pas un seul de ces mots ne peut apporter le moindre espoir de salut. Mon manque de réaction est donc comme je le soupçonnais bel et bien une tare.

Assez proche se trouve une autre caractéristique de ma personnalité, c’est l’inertie.

Il se pourrait bien qu’un lien unisse l’inertie et le manque de réaction et même finisse par les confondre.

En fouillant un peu plus loin je me suis demandé si j’étais devenu insensible à tout ce que le monde propose habituellement pour s’émouvoir ou s’agacer et, le fait est que désormais à chaque fin d’année de façon plus intense je décèle un reflux cardiaque ou cordial qui ne me dit rien de bon sur l’avenir.

Ainsi je n’ai pas envoyé cette année de « bonnes fêtes », pas de cartes de vœux non plus, et j’ai subi les fêtes dans un retrait monacal face à tous les événements qui se proposaient de me réjouir comme de m’attrister.

En ouvrant Facebook ce matin j’ai noté deux choses et j’ai traqué mes réactions face à cela.

Un ami se plaint de n’avoir pas eu de Joyeux Noel et sur un autre post la nouvelle de la mort d’une personne avec qui j’ai sympathisé il y a peu et que j’aurais pu considérer comme ami si je me sentais vraiment digne ou courageux pour en avoir comme les gens ont l’usage d’entendre ce mot.

Car je ne sais pas conserver ni nourrir, ni même entretenir les liens d’amitié. C’est qu’il m’est toujours insupportable d’avoir à prouver les choses dans le domaine du cœur.

Et pourtant, ce sont les règles de ce monde, sans preuve pas de meurtre mais pas non plus de salut.

Je pourrais répondre à ces deux publications Facebook, pour tenter d’exprimer ma tristesse, ou d’offrir au moins d’être présent pour traverser ces moments difficiles.

Mais non, terrassé par le manque de réaction véritable, par l’inertie, qui se confondent avec ce que la plupart des gens nomment de la lâcheté, j’ai préféré pointer le vide en moi par ce texte sans doute pour essayer de m’en dédouaner.

Il y a un moment je crois où l’on est allé si profondément dans la solitude que cela coûterait bien trop d’imaginer seulement en sortir.

C’est un peu comme lorsqu’on est dans la merde depuis longtemps, on finit par s’habituer à la température de celle-ci, on y prend ses aises, on en décolle plus.

En même temps je me demande si les gens qui ne cessent d’exprimer tout haut et avec force signaux ne sont pas aussi solitaires que moi dans leur for intérieur. Alors peut-être ont il appris à réagir, à s’exprimer pour ne pas rester sur le bas coté de la route.

Pour survivre tout simplement, et puis par un glissement sémantique bizarre il auront fini par confondre survivre et vivre en exprimant des sensations, des sentiments que tout le monde attend en général pour intégrer ses membres mais qui ne garantissent en rien leur véracité leur authenticité véritable.

Car dans le fond mon manque de réaction ne provient sans doute désormais que de cela, à chaque fois je m’interroge sur la véracité de mes émotions quant à un événement donné de peur tout simplement de me mentir à moi-même et avec la volonté farouche de conserver le cap par rapport à cette justesse quoiqu’il doive m’en coûter.

Dans le fond alors ce manque de réaction proviendrait d’un refus de me mentir à moi-même dans un monde où le mensonge perpétuel et ce de façon invisible aux menteurs eux mêmes, un monde inconscient si l’on veut, ne cesse de forger la réalité des liens amicaux ou inamicaux d’ailleurs.

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