Chomo

A l’origine son nom est Roger Chomeaux. Il est né le 28 janvier 1907 quelque part dans le Nord de la France et il meurt en 1999 à Achères- la- Forêt en région parisienne. On décidera finalement de l’intituler « sculpteur » puisqu’il faut toujours bien ranger ses affaires afin de ne pas les égarer.

Je suis né un jour après lui mais en 1960 et cette année là il fit sa première exposition dans une galerie de la Rue des Beaux-Arts, la galerie Jean Camion à Paris.

Ce sera suite à cette exposition d’ailleurs qu’il va décider de quitter Paris définitivement pour la forêt de Fontainebleau. Son épouse a acheté là quelques hectares et c’est ici qu’ils se réfugieront pour vivre et que lui Chomo peu à peu abandonne à peu près tout ce qu’il convenait à l’époque pour être un « artiste » reconnu. Ecologiste avant que ce soit à la mode, il récolte le miel de ses abeilles car il aura jusqu’à 20 ruches à cette époque.

A commencer par le langage dont il détruit volontairement la forme conventionnelle pour refondre une nouvelle langue presque enfantine basée sur la phonétique.Il en ressort une poétique proche si l’on veut de la fameuse langue des oiseaux des alchimistes.

Quant aux matériaux qu’il utilise pour réaliser son oeuvre, il abandonne le bronze bien trop coûteux, ainsi que les terres cuites et le marbre qu’il pratiquait auparavant pour s’engager dans une démarche de récupération tout acabit. Il lui faut désormais trouver des « matériaux qui respirent ».

Il travaille alors le bois,( ses fameux bois brûlés) les matières plastiques, la tole, le béton cellulaire- Il sculpte ce dernier dit-il comme on écrit un poème- et dans ce qu’il appelle désormais son « village d’art préludien » il place un peu partout des pancartes un peu à la manière de Cheval aux frontons de son palais idéal.

 « Qèl anprint ora tu lésé sur la tèr pour qe ton Die soi qontan ? »

Cette notion d’empreinte, du devenir de l’homme l’obsède et se répercute ainsi d’écriteau en écriteau dans tous les coins de son domaine.

De bric et de broc aussi les trois hangars qu’il construit pour abriter ses œuvres

Le premier s’appelle « Sanctuaire des bois brûlés » ; le deuxième, « L’Église des Pauvres », est agrémenté d’une rosace spectaculaire réalisée avec des bouteilles de couleur et le dernier, « Le Refuge », recouvert de capots de voitures.

C’est Clara Malraux qui attire l’attention du ministère des Affaires culturelles sur l’artiste. Après s’être essayé à la création musicale de style musique concrète, entre synthétiseur et poésie, le sculpteur devient cinéaste expérimental avec son film Le Débarquement spirituel, en collaboration avec le réalisateur Clovis Prévost et Jean-Pierre Nadau. Il s’y met en scène au milieu de ses œuvres.

Chomo meurt en 1999 entouré par ses créations, veillé par sa seconde épouse. Dix ans après sa mort, la Halle Saint Pierre organise sa première grande rétrospective.

Désormais, seuls les bâtiments sont conservés dans la forêt, toutes les autres œuvres transportables étant stockées ailleurs sans que je ne puisse hélas vous informer précisément  (un Christ en croix, image torturée, est par exemple conservé dans l’église de Milly-la-Forêt, près de Fontainebleau) ou vendues.

En retrouvant les vidéos de Chomo sur Youtube j’ai à nouveau été frappé par cette même sorte d’obsession que je retrouve chez la plupart des grands artistes que j’admire et qui souvent les fait passer pour des fous, des demeurés aux yeux du public de leur vivant.

Amaigri émacié, affûté comme une lame de rasoir son verbe et son regard me fixent à travers l’écran et je l’entends toujours me dire à chaque fois la même chose

« arete de panser povre kon taka seulmant bausser »

En 2013 une vente aux enchères sera réalisée concernant l’oeuvre de Chomo

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