Opportun

Il y a dans l’opportun, paraît-t’il désormais, tout un tas d’avantages qui ne faudrait pas négliger. De là à devenir opportuniste il n’y aurait qu’à suivre ce penchant naturel que nous murmure « l’air du temps ».

Et pourtant c’est encore là dessus que je ne cesse de buter obstinément tant l’opportunisme me révulse, sans doute parce que je sens son attraction évidente et ses fins mesquines pratiquement toujours les mêmes qui se résument en gros à ATTIRER L’ATTENTION VERS SOI.

Ce qui est une vision très étriquée je l’avoue de l’opportunisme. Car je pourrais tout aussi bien évoquer l’appât du gain qu’il procure aussi, la sensation de victoire qui l’accompagne souvent, et d’autres satisfactions encore dont je n’ai nulle envie de dérouler la liste.

Aussi suis-je devenu d’autant plus vigilant à toute tentative d’action ou de parole voire de pensée qui pourrait déclencher en moi la mécanique bien huilée de l’opportunisme.

Parler de quoi que ce soit publiquement est encore bien pire surtout si à première vue je « pense bien faire » ou parler « avec mon cœur » car je ne tarde jamais longtemps à examiner cette prétendue « sincérité » déployée dans un espace publique et à la questionner sur ses véritables raisons d’être.

C’est comme lorsque je peins, au début en ne pensant à rien d’autre qu’à la spontanéité enfantine de mon être. Puis quand l’homme que je suis regarde le tableau il ne peut s’empêcher d’y déceler de son point de vue toute une cohorte d’entourloupettes que l’enfant n’aurait pas vu.

C’est comme ça que l’on apprend à marcher en crabe entre l’enfant et l’homme. Une dérive continue entre gauche et droite dû au tiraillement des interprétations d’une langue qui ne cesse d’osciller entre opportunisme et chance, entre hasard et martingale.

D’ailleurs quand on y pense il y a bien plus d’espèces de crabes que d’êtres humains puisqu’on a recensé à ce jour 7000 espèces de crabes différentes contre seulement 5400 chez les mammifères dont nous faisons partie.

Parmi toutes les espèces de crabes existantes il en est une qui se nomme le crabe ouvre boite. En effet ce dernier possèdent deux pinces de structures différentes, une avec des dents robustes qui lui sert à faire levier sur les coquillages qui s’ouvrent généralement sur la droite et l’autre pince munie de doigts fins qui va pénétrer dans l’ouverture ainsi crée par la coquille éclatée.

Peut-on parler d’opportunisme dans un tel cas ou bien d’une évolution merveilleuse somme toute qui ne tient qu’à une volonté d’adaptation. Depuis des milliers d’années les coquillages se sont toujours ouverts par la droite, alors finalement les pinces se seront adaptées à l’usage et puis la faim aura fait le reste.

 

 

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :