Intrications quantiques

Très récemment, des savants auraient réussis à transférer de l’information entre deux puces électroniques sans qu’elles ne soient reliées de façon classique par des câbles des fils. Selon ce que j’en comprends bien sur car je suis profane dans ce domaine, l’information serait passée par un canal nommé « l’intrication quantique ».

Cette découverte évidemment permet déjà d’entrevoir un monde nouveau dans lequel la vitesse de transfert des informations nécessiterait un coût logistique bien moindre et ce quelque soit la distance séparant l’émetteur du récepteur, puis dans le domaine quantique le temps comme l’espace n’ont plus la même valeur que dans notre réalité de tous les jours.

Le temps et l’espace n’aurait plus d’importance. J’étais avec cette ritournelle dans ma petite tête en me rendant à Grenoble hier matin. Ce sont les derniers jours d’une formidable exposition au Musée de Grenoble, place de Lavalette qui relate le travail de Picasso durant la période de la guerre 39-45.

Il faisait un temps d’hiver évidemment, et j’ai traversé de grandes étendues toutes embrouillassées au volant de la Twingo bleue de mon épouse.

Cette histoire d’intrication me taraudait et je repensais une fois de plus à l’art, j’y pense toujours d’ailleurs et à la naissance du feu dans le monde.

Il semble que la découverte du feu ne se soit pas produite en un seul point de la planète mais dans de nombreux et de façon simultanée.N’est ce pas là déjà quelque chose qui aurait un rapport avec l’intrication quantique ?

Quand une idée est dans l’air elle établit d’emblée un faisceau de connections invisibles qui s’étend à la rapidité de l’éclair dans tout un système.

Je pensais à l’art, au feu, à tous ces incendies de ces derniers jours un peu partout dans notre monde, à cette appréhension perpétuelle aussi de la fin de celui ci face à l’avenir incertain qui nous préoccupe tous.

Enfin, j’arrive à ce Musée de Grenoble que je ne connaissais pas. Un beau lieu, vaste et aéré par les fenêtres duquel on a un joli point de vue sur L’Isère et les collines qui la bordent.

Enfin voici cette fameuse expo et j’abandonne mes élucubrations quantiques pour pénétrer dans l’oeuvre du maître…

Et là tout de suite je me dis que tout le monde dit que Picasso est un artiste peintre… mais moi je ne vois pas de peinture vraiment, je ne vois que du dessin.

Du dessin, du dessin et de temps en temps un peu de peinture avec. Ensuite c’est très sombre et je me suis demandé si c’était l’effet du siccatif, le peu de moyen qui devait lui imposer de travailler à la fois vite et avec peu de médium, sans doute un peu de diluant et guère d’huile. Bref à de très rares exceptions je n’ai vu que des toiles sombres, sourdes, mais comme c’est dans le cadre d’une période particulière, une période triste, une période de vaches enragées …

Pourtant les petites études réalisées pour l’Aubade sont très colorées, violemment colorées avec tout ce qu’il pouvait trouver comme moyen, pastel, feutres, et autres.

Quand on voit le résultat final on se demande bien ce qui a pu se produire… de la joie créatrice l’empoisonnement de la guerre aura terni toutes les belles couleurs pour donner un grand tableau à la fois sombre, obscène et mélancolique.

L’aubade de Picasso , mais la photo est bien plus colorée que l’original

Mais revenons au dessin. Le véritable talent de Picasso est là, dans l’ingurgitation ogresque de tout ce qui l’entoure et qu’il restitue ensuite à sa façon dans une liberté inouïe.

Ce que j’en ai compris c’est qu’il ne faut pas hésiter à regarder autour de soi, les casseroles et les peintres car ce n’est pas si différent des arbres qu’on admire en promenade, ou des pierres ou des plantes. Il faut se laisser imbiber par l’environ, le proche comme le lointain, resté ouvert, pas forcément aux aguets.

Ensuite lorsque ce que nous nommons « liberté » en dessin s’exerce, lorsque nous autorisons la main à s’emparer du crayon et à se mouvoir sur l’espace, la tête ne sert de rien, tout est là comme les deux puces dont je parlais au début.

Par des canaux invisibles mais bien réels qui existent depuis la nuit des temps mais que nous avons probablement perdu durant longtemps, l’information ne cesse de se propager.

En continuant ma visite du Musée de Grenoble je suis tombé sur la collection permanente et j’ai éprouvé une vraie joie à voir des Soutine, des Pascin, des Van Dongen qui pour moi sont des peintres bien plus important que Picasso.

D’ailleurs je revois un petit Braque avec si peu de choses dessus, des poires !, que l’émotion me revient intacte aussi présente que si j’étais encore devant !

Braque tellement pillé à mon avis par Pablo…mais c’est une toute autre histoire

En tous cas on parle beaucoup de synchronicité de nos jours un peu à tort et à travers, on cherche comme aux jeux des martingales mais la fortune ne sert à rien en art, le but n’est pas d’obtenir le pactole, le but est de s’effacer toujours un peu plus chaque jour pour que l’essence des choses et des êtres nous traversant guide en toute liberté notre main à l’exprimer.

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