Chercher et trouver

Je marche sur un sentier en forêt, c’est le matin et l’herbe est encore un peu gelée, le jour se lève paresseusement mais je m’obstine à avancer. Il faut que j’atteigne le nœud même de cette difficulté maintenant.

J’ai assez cherché.

J’aperçois un orifice dans un talus, c’est forcément là pas d’autre choix.

Le plus difficile ce n’est pas la tête, ce sont les épaules, il faut se tortiller un peu pour que le tronc finisse par passer tout entier et ramper dans l’obscurité.

Cela sent la terre, la feuille morte, l’humus, et il fait tiède j’imagine comme dans un utérus.

j’avance encore, j’avance sans penser dans le tunnel qui s’élargit un peu par moment, puis qui s’élargit tout entier et au bout j’aperçois une lueur.

L’extraction se produit sans encombre. Me voici dans cet autre monde. La lumière y est merveilleuse, il fait doux, chaque plante, chaque arbre chaque couleur sont magnifiés, il règne comme une vibration permanente, électrique, électronique tout communique ensemble et je fais totalement partie de cet ensemble.

Un peu plus loin, une sorte de colline, de promontoire. Je m’y installe calmement et je sens l’air me pénétrer et lorsque j’expire je sens la totalité des choses qui m’environnent recevoir comme une offrande ce souffle que je restitue.

C’est à cet instant qu’il apparaît l’esprit végétal sous la forme d’un être anthropomorphe mi arbre mi homme. Je ne l’ai jamais vu mais je sais que c’est un allié de toujours.

Nous restons là cote à cote et je ne sais pas combien de temps cela dure, tout un échange d’informations sans qu’aucune parole ne soit échangée.

Je ne peux rester plus longtemps je le sais. Il me suffit alors de frapper le poing sur la pierre du rocher, d’éprouver la solidité de la pierre sur la tranche de ma main pour revenir dan le monde commun.

Il fait jour vraiment, j’ai trouvé quelque chose parce que j’en avais marre de chercher.

C’est tout.

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