Golem

Un golem (hébreu : גולם, « embryon », « informe » ou « inachevé ») est, dans la mystique puis la mythologie juive, un être artificiel, généralement humanoïde, fait d’argile, incapable de parole et dépourvu de libre-arbitre, façonné afin d’assister ou défendre son créateur

Un rapport étroit avec la boue, le déchet, l’insignifiant, l’inutile. Et cela dès l’enfance, presque immédiatement à la sortie de ce long tunnel. Parce qu’il trouvait profondément injuste toute idée de rebut. Parce que cela sonnait faux dans la grande symphonie qu’il ne cessait d’entendre. Le déchet était la dissonance parfaite sur laquelle son attention se portait inlassablement comme un très vieil homme regarde les petits enfants qui jouent tout autour de lui.

Pour être au plus près de la boue il parla énormément comme le fait la boue quand elle n’en peut plus d’être boue, rejetée au fond des lits des rivières claires. Comme la boue soudain devient l’enfant des pluies.

Il marcha longtemps en crabe dévoreur de charognes, nettoyeur de plages, ses yeux mobiles sans cesse aux aguets, à l’affût de tout l’inutile, délaissant tout achèvement, refusant tout achèvement parce que l’éternité toute entière n’était pour lui que le mouvement du pas de gauche alternant le pas de droite.

Et rien d’autre.

Créature constituée par l’accumulation des rejets et des pourrissements nourrie par l’indécision commune, il l’ingéra et fit de tout ce désordre, de toutes ces dissonances son propre son.

Et curieusement ce son était en tout point parent du chant des baleines, des rires des dauphins, le son des galaxies qui fuyaient dans la joie toute idée d’immobilité.

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